9 octobre 2009

PSA a la fibre des matériaux « verts »

Depuis le 1er janvier 2006, le taux de réutilisation et de valorisation d’un véhicule commercialisé en Europe doit atteindre un minimum de 85% en masse. A partir du 1er janvier 2015, ce taux devra être de 95%, dont un maximum de 10% par valorisation (produits de combustible). Ces décrets européens imposent aux constructeurs une prise en charge de cette contrainte très en amont dans le processus de développement, tant pour faciliter les opérations de recyclabilité que pour le réemploi de ces matériaux.

Le groupe PSA a déjà atteint les 95% obligatoire à partir de 2015 et vise maintenant un autre objectif. Le taux moyen de matière plastique (polymères), issue de la pétrochimie, est aujourd’hui de 20% sur les véhicules Peugeot et Citroën. Le groupe s’est fixé l’objectif d’introduire 20% de « matériaux verts » dans les polymères des voitures dès 2011 (soit 50 kg), puis 30% en 2015. Ce taux était de 6% en 2007. Ces « matériaux verts » regroupent les fibres naturelles (lin, chanvre…), les matériaux recyclés non métalliques et les biomatériaux (matériaux non issus de la pétrochimie mais de ressources renouvelables). Cette réutilisation permet de réduire les émissions de CO2 de la filière de production des plastiques, d’alléger certaines pièces et de favoriser la filière de recyclage des matières plastiques.

Le support du rétroviseur de la Peugeot 207
contient 30% de fibre de chanvre

Ainsi, chaque projet véhicule doit contenir une part croissante de « matériaux verts ». Pour chaque développement de pièce, PSA demande par exemple aux fournisseurs que les propositions contiennent une alternative à base de « matériaux verts ». Des applications sont déjà commercialisées comme le support du rétroviseur de la 207 qui contient 30% de fibre de chanvre. Les contraintes sont économiques, une pièce en « matériau vert » ne doit pas coûter plus chère qu’une en polymère, dimensionnelles, fonctionnelles et esthétiques. Sur ce dernier point, la difficulté majeure est la non-maîtrise de la couleur de la matière récupérée qui ne permet pas de garantir un aspect constant sur une grande production de pièces. Les applications s’orientent donc vers des pièces fonctionnelles non-visibles, bien que certains développements laissent espérer à terme l’emploi de quelques pièces d’habillage intérieur.

Les recherches sur les matériaux verts sont réalisées en collaboration avec les équipementiers et des partenariats extérieurs, notamment sur des bio-plastiques. Notons également que PSA pilote le projet MATORIA, regroupant des équipementiers, des fournisseurs de matières et les pôles de compétitivité Mov'eo, Plastipolis et Axelera. Son objectif est d’introduire 50 kg de matières issues de ressource renouvelable dans 18 applications cibles par véhicule.

Voir également notre dossier sur Le développement des matériaux de recyclage et des bio-matériaux.

  Yvonnick Gazeau

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