13 octobre 2010

Surprise, la voiture électrique Chevrolet Volt passe en hybride à dérivation de puissance lors de la prolongation d’autonomie

La Chevrolet Volt, ainsi que sa sœur Opel Ampera, ont jusqu’à présent toujours été présentées comme des voitures à propulsion uniquement électrique, le moteur thermique n’entraînant exclusivement qu’un générateur pour alimenter le moteur électrique de traction en cas de batterie déchargée. Deux médias américains, Motor Trends et Automobilemag.com, qui ont réalisé des essais approfondis, ont découvert que le moteur thermique délivrait également sa puissance aux roues en partie par voie mécanique dans certains cas d’utilisation en prolongation d’autonomie ! Par ailleurs, un deuxième moteur électrique entre dans la chaîne de traction pour les vitesses élevées.

General Motors a confirmé ces propos en argumentant qu’il était nécessaire de ne pas dévoiler trop vite des informations techniques détaillées aux concurrents et que certains brevets n’avaient pas encore été certifiés. Bien joué.

Selon ces médias, la chaîne de traction est donc plus complexe qu’annoncée initialement. En mode électrique, le moteur synchrone de 111 kW assure la traction en entraînant une paire de pignons et le différentiel. A environ 80 km/h, un embrayage libère la couronne d’un train planétaire et un second fait entrer dans la chaîne cinématique le générateur qui agit dans ce cas en moteur. L’intérêt est de réduire la vitesse de rotation du moteur principal afin qu’il reste proche de sa zone de meilleur rendement (le rapport global passe alors de 7 à 2,16). C’est donc bien une voiture électrique capable de se déplacer sur toute sa plage de vitesse en propulsion électrique seule.

Moteur électrique principal, embrayages multidisques,
train planétaire, arbre intermédiaire et différentiel

En mode de prolongation d’autonomie, un troisième embrayage connecte le moteur thermique au générateur pour produire de l’énergie électrique. A environ 50 km/h, le premier embrayage s’ouvre pour retrouver le rapport de 2,16. Dans ce cas précis, la puissance du moteur thermique est divisée entre la production électrique du générateur et la puissance mécanique qui vient s’additionner à celle du moteur électrique principal. En prolongation de puissance, cette chaîne de traction travaille ainsi en dérivation de puissance comme le principe de la Toyota Prius. On peut alors imaginer une variation continue du rapport avec un moteur thermique à régime fixe, si ce type de fonctionnement n’entre pas dans le cadre du brevet Toyota. Depuis le début de la présentation du véhicule, il avait été constaté que le groupe électrogène et le moteur électrique de traction étaient étonnamment en ligne mais GM avait toujours répondu que cela était uniquement dans un souci de compacité.

General Motors annonce que cette configuration génère un gain de consommation de 10 à 15% sur autoroute. Le constructeur réaffirme également que la Chevrolet Volt offre à la fois les avantages de la voiture électrique pour les courtes utilisations journalières et un système de prolongation d’autonomie efficace qui permet l’emploi sans anxiété du véhicule pour de longs trajets.

  Yvonnick Gazeau

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