08 juillet 2011

Un prolongateur d’autonomie prometteur grâce à une batterie aluminium-air !

De nombreux acteurs de l’industrie automobile travaillent à la prolongation de l’autonomie de la voiture électrique, que ce soit par l’augmentation de la densité énergétique de la batterie ou par l’ajout d’un générateur électrique de type thermique ou chimique. Une des solutions pourrait également venir du côté de la société israélienne PHINERGY LTD, qui a breveté un concept de « batterie » metal-air. Elle a fait appel au Groupe ALTEN pour accélérer le développement de son projet et une expertise est également apportée par le CEA de Grenoble.

Cette « batterie » se présente plutôt comme un générateur d’énergie électrique. La première version, à aluminium-air, est une « batterie » non-rechargeable qui a la particularité d’employer une anode en aluminium qui se « vide » de ses oxydes. L’autre particularité est son activation qui est déclenchée par un circuit hydraulique permettant de baigner les électrodes dans l’électrolyte afin de capter les oxydes d’aluminium. La production électrique qui en découle doit alors être stockée, par exemple dans une batterie lithium-ion ou dans une super-capacité. La « batterie » alu-air est désactivée par la vidange de l’électrolyte, ce qui évite toute décharge interne et garantie une sécurité optimale dans cette situation. La batterie étant non-rechargeable, l’idée est de pouvoir remplacer facilement et rapidement l’anode dans un atelier de service. La prolongation d’autonomie est directement dépendante de la masse de la partie active en aluminium de l’anode. Comme dans les autres projets de prolongateurs d’autonomie plus conventionnels, la « batterie » aluminium-air devrait remplacer une partie du pack de cellules li-ion.

L’intérêt de ce montage est de permettre d’accroître la densité énergétique. Selon Sophie Leclerc du Groupe ALTEN : « Nous arrivons aujourd’hui à 170 Wh/kg pour l’ensemble alors qu’une batterie li-ion est en moyenne à 100 Wh/kg en prenant en compte le poids du système complet, dont les protections mécaniques et électriques. L’objectif est d’atteindre 1000 Wh/kg ». D’autres défis restent aussi à surmonter comme le nombre de cycle à accroître ou le volume d’électrolyte qui devrait passer de 3 litres par kWh à seulement 1 l/kWh. Preuve que ce concept doit être applicable à l’automobile, un véhicule démonstrateur est prévu pour la fin de l’année. Le groupe travaille aussi sur d’autres concepts métal-air, notamment une version zinc-air rechargeable.

  Yvonnick Gazeau

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