3 juillet 2013

Les potentiels de développement d’une mobilité intelligente

D’ici quelques années, un nombre croissant d’innovations fera de la “Mobilité Intelligente” une réalité, ouvrant alors la voie à des voitures réellement connectées. Rahul Gupta de Spirent Communications présente ici quatre changements majeurs allant bien au-delà de la simple navigation satellite et qui poseront de réels défis aux ingénieurs électroniciens automobile.

Jusqu’à très récemment, la relation unissant les véhicules et les signaux GPS (Global Positioning Satellite) était relativement simple. Les systèmes de navigation embarqués utilisant des satellites GPS du gouvernement Étatsunien ne permettent un calcul qu’avec une exactitude de plus ou moins 10 mètres, voire jusqu’à plusieurs dizaines de mètres en milieu urbain. Cependant, cet état de fait est amené à évoluer très rapidement. De nouvelles constellations satellites (comme le système GLONASS Russe, totalement opérationnel, le système Chinois BeiDou-2 ou encore le système Galileo bientôt mis en place en Europe) promettent des niveaux de disponibilité des satellites sans précédents et entièrement destinés à la localisation satellite embarquée. Les constructeurs et les fournisseurs de systèmes de navigation de Tiers 1 ont alors à leur disposition toute une foule de nouvelles capacités de positionnement avec lesquelles développer de nouveaux services basés sur la géo localisation. De nouveaux besoins, tels que l’eCall, entraîneront également la création d’opportunités. Spirent Communications, leader international sur le marché des solutions de test et de mesure, estime que certains que les quatre domaines suivants vont s’avérer cruciaux dans les quelques années à venir :
  • Du GPS au multi-GNSS. En combinant au GPS actuel le système Russe GLONASS avec le BeiDou-2 déjà disponible dans la région et le programme Européen Galileo qui se développe très rapidement, il y aura quatre fois plus de satellites de positionnement dans le ciel d’ici dix ans. Les systèmes qui supportent ces nouvelles constellations en plus du GPS fourniront des améliorations immenses en disponibilité du signal et en fiabilité (plus grand nombre de satellites). D’ici cinq à dix ans, les chipsets multi-GNSS auront encore évolué pour offrir des solutions de positionnement capables d’utiliser les différentes fréquences radios sur lesquelles les différents systèmes satellites émettent. Aujourd’hui, des chipsets onéreux à multi fréquences sont déjà utilisés pour des localisations avec une précision inférieure à 10 centimètres. Ce coût est cependant amené à diminuer ce qui placera alors les solutions de positionnement à multi fréquences de grande précision à portée des fabricants automobiles.
  • La connectivité des véhicules. Dans un avenir proche, le réseau de connectivité des véhicules pourra inclure les Smartphones et les tablettes du conducteur et des passagers, l’infrastructure routière elle-même, les services d’info divertissements, les services de sécurité comme l’eCall ou l’ERA-GLONASS, ainsi que des systèmes de diagnostics à distance. Cette évolution impose un cycle d’innovations et de développement des produits beaucoup plus rapide.
  • Les avancées dans les techniques de positionnement. Les avancées réelles dans les capacités de positionnement viendront également de l’intégration des données de positionnement satellites à celles fournies par les capteurs embarqués et les autres systèmes de connectivité à radio fréquences. En parallèle, l’avènement du Wi-Fi et du Bluetooth peut aussi aider à générer une position précise dans les zones de réception imposible.
  • Ouvrir la voie vers une conduite autonome. La réalité du véhicule totalement autonome se mettra en place petit à petit, résultat d’avancées dans les technologies d’assistante à la conduite réalisées étape par étape.
Selon Rahul Gupta : « Le principal défi consiste à être capable de tester les nouveaux concepts et les nouveaux prototypes de manière à la fois rapide, efficace et économique. En effet, les systèmes de positionnement développés dans les années à venir devront être capables de recevoir et de traiter des données en provenance de plusieurs systèmes satellites, de fusionner les données reçues depuis les satellites et les capteurs, d’atténuer les interférences, et d’intégrer les données de positionnement en provenance des systèmes Wi-Fi et Bluetooth afin de générer une position à la fois précise, continue et fiable ». Il ajoute : « Le niveau de test requis pour ces nouveaux systèmes rend l’utilisation de la conduite réelle en tant que méthode de test primaire bien trop onéreuse. Le développement des systèmes de nouvelle génération exigera la mise en place d’un bien plus grand nombre de tests en laboratoires utilisant des simulateurs et des flux de signaux satellites pré enregistrés pour générer des cas de tests et des scenarii complexes. Pour les ingénieurs automobiles électroniciens, cela signifie qu’ils devront maitriser de nouvelles techniques et de nouvelles technologies, mais aussi qu’ils auront la chance de se trouver au tout premier plan lors du développement de technologies menant l’industrie automobile vers une toute nouvelle ère. »

Haut de page