12 mars 2014

Volvo teste le principe des aimants noyés dans la chaussée

L’un des enjeux fondamentaux du développement des véhicules à conduite autonome repose sur la fiabilité et la précision minutieuse de leur positionnement. Contrairement aux technologies de positionnement établies comme le GPS et les caméras qui avouent des limites dans certaines conditions, les aimants noyés dans la chaussée sont insensibles aux obstacles physiques et aux mauvaises conditions météorologiques.

« Les aimants créent un « fil de guidage » invisible qui ouvre littéralement la voie à une imprécision de positionnement inférieure à 10 centimètres. Nous avons testé cette technologie à différentes vitesses et les résultats sont jusqu’ici prometteurs », explique Jonas Ekmark, Responsable de la Sécurité Préventive de Volvo Car Group.

Parallèlement au potentiel en matière de conduite autonome, les aimants noyés dans la chaussée ouvrent toutes sortes de possibilités :
  • Intégration dans les systèmes de sécurité préventive d’une fonction de positionnement à base d’aimants pouvant contribuer à pallier les accidents dus à une sortie de route.
  • Aimants pouvant faciliter la précision de l’entretien hivernal des routes et, de là, éviter d’endommager des objets recouverts de neige tels que barrière et panneaux routiers près du bord de la route.
  • Rationalisation de l’utilisation de la chaussée : avec un positionnement précis des véhicules, on pourrait en effet rétrécir la largeur des couloirs de circulation.

L’équipe de recherche de Volvo Cars a construit une piste de 100 m de long dans le Centre d’essais de l’entreprise situé à Hällered, à une heure de route de Göteborg (Suède). Des aimants ronds en ferrite de 40 x 15 mm furent implantés sous le macadam, à une profondeur de 200 mm. La voiture fut équipée de plusieurs détecteurs de champ magnétique.

Le programme de recherche était conçu pour évaluer les questions essentielles, comme la portée de détection, la fiabilité, la longévité, le coût et l’incidence sur l’entretien des routes. « D’après notre expérience jusqu’à présent, les aimants en ferrite représentent une solution efficace, fiable et relativement bon marché, s’agissant à la fois de l’infrastructure routière et des détecteurs embarqués à bord du véhicule. La prochaine étape, c’est de procéder à des essais en conditions réelles de circulation », précise Jonas Ekmark.

Même son de cloche pour Claes Tingvall, Directeur de la Sécurité Routière de l’Administration suédoise des transports : « Les résultats des essais sont très intéressants, surtout si l’on ajoute le potentiel d’amélioration de la sécurité aux avantages du développement de véhicules à conduite autonome. La mise en œuvre à grande échelle d’aimants noyés dans la chaussée pourrait très bien faire partie de l’objectif de la Suède, la mise au point des technologies contribuant à la mobilité durable ».

Ce projet a été financé dans le cadre d’une coopération stratégique avec l’Administration suédoise des transports (Trafikverket). Dans le passé, ce principe a été testé, notamment aux Etats-Unis, mais il avait été abandonné en raison du coût très élevé pour équiper des milliers de kilomètres de chaussées.

  Yvonnick Gazeau

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