6 mai 2014

La voiture de course du futur by Dunlop

Dunlop a commandé un rapport de futurologie avant de lancer son projet de design collectif : ‘La voiture de course du futur by Dunlop’. Il est destiné à créer la voiture de course de demain. Ce projet associe les amateurs de sports mécaniques et les experts du secteur, pour discuter et imaginer la voiture de course du futur. Il est ouvert à partir du 2 mai sur Facebook : dunlopfutureracecarchallenge.com/fr/

Sans surprise, les nouveaux matériaux seront très présents en compétition automobile dans 50 ans. Des matériaux ultra-résistants pour le châssis, utilisant des nanotubes en carbone, des feuilles de graphène, de la mousse de graphène ou encore d'autres matériaux qui n'ont pas encore été inventés, permettront de construire des véhicules rigides et légers avec une meilleure tenue de route et une adhérence accrue en courbe. Certains changeront de forme grâce à un contrôle électronique, permettant à l'aérodynamique de varier sur commande. Les gels de polymère, par exemple, peuvent déjà se contracter, exactement comme les muscles. Des alliages à mémoire de forme pourront changer de forme puis reprendre leur morphologie initiale.

50 ans est une période suffisamment longue pour voir d’importants changements dans la propulsion, comme dans le freinage. Des moteurs électriques très performants pourraient être alimentés par des super condensateurs, qui se chargeraient lorsque les véhicules passent sur des tapis incrustés dans la surface de la piste, comme un Scalextric grandeur nature. Si l'on se projette dans 125 ans, la plupart des technologies risquent de ne pas être inventées au cours des années à venir. Elles devraient cependant concerner des nano-matériaux, à forte résistance. Grâce à une super-conductivité à température ambiante, des propulseurs à plasma et moteurs électriques très puissants pourraient être construits, ainsi que bien d'autres systèmes, pas encore imaginés aujourd’hui. Des tubes à électrons ou d'autres accélérateurs compacts pourraient bombarder un gaz d'électrons pour le transformer en plasma et des bobines supraconductrices pourraient créer des champs électromagnétiques immenses pour le propulser.

Des matériaux à commande électronique pourraient être intégrés dans les pneus, permettant de réaliser des compromis variables entre l'usure et l'adhérence. Des gels de polymère liés pourraient affiner et allonger un composant court et large. Des millions de tels composants utilisés en impression 3D lors de la fabrication des pneus, permettraient à mesure que le pneu s'use de dévoiler de nouvelles couches de micro-crampons, pouvant être rétractées ou faire saillie sur demande. Des fibres résistantes pourraient alors se dresser pour accroître l'adhérence à la route et se replier pour réduire la traînée sur le dessus du pneu ou évacuer l'eau. Il faut l'imaginer comme une Tour Eiffel miniature, si on comprime la base, la hauteur augmente en toute logique. À une échelle comprise entre microns et millimètres, des micro-structures comme celle-ci pourraient offrir un potentiel énorme pour modifier l’adhérence, contrôlée précisément à grande vitesse.

Le graphène sera particulièrement utile, car il laisse passer l'eau mais est extrêmement résistant. Des paillettes de graphène incorporées dans les pneus offriraient une excellente adhérence sur sol mouillé. Des charges de renforcement à base de mousse de graphène permettraient à une plus grande surface du pneu de rester en contact avec la route, tout en évacuant l’eau. L'impression en 3D permettrait aux pneus d'être fabriqués en couches et d’intégrer des charges de renforcement très complexes et, enfin, le coût de ces techniques va diminuer. Le graphène seul présente un potentiel immense dans la conception des pneus de demain, même si d'autres nouveaux matériaux étonnants seront sans doute découverts ou inventés dans le futur. Des matériaux à commande électronique pourraient également être intégrés dans des zones clés de la surface de la piste, afin de modifier l'adhérence pendant la course ou sur différentes parties de la piste. Le changement des conditions météo sollicite davantage le talent des pilotes.

Dans les dix prochaines années, la réalité augmentée sera partie intégrante de notre vie quotidienne. Des viseurs vidéo (comme les Google Glass aujourd’hui et plusieurs autres en cours de développement) pourront superposer une image générée par ordinateur sur le champ de vision. L'intelligence artificielle devra éviter le risque d’accident grave, mais les joueurs pourraient prendre au moins une partie des décisions, comme la trajectoire précise d'entrée en courbe, le freinage ou le changement de vitesse, de sorte qu'ils pourraient vite perdre du terrain s'ils ne sont pas assez doués.

Comme toute prédiction, les opinions et idées exprimées dans ce rapport sont celles de l'auteur, Ian Pearson est un futurologue à plein temps. Il a travaillé dans de nombreux secteurs d'ingénierie, de l'aéronautique à la cybernétique, en passant par le transport durable et les cosmétiques électroniques. Ses inventions incluent la messagerie par texte et la lentille de contact active.

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