21 octobre 2014

Les feux adaptatifs à LEDs seront une évolution majeure de l'éclairage

Près de 500 spécialistes de l'éclairage étaient réunis la semaine dernière au congrès VISION 2014 organisé par la SIA (Société des Ingénieurs de l'Automobile) afin d'échanger leur point de vue sur les technologies à venir. L’éclairage par LEDs a évidemment été le principal sujet : leur part dans la production automobile devrait passer de 3% en 2014 à 16% en 2018, avec des différences entre les marchés car elle atteindrait 19% en Europe et 11% dans la zone NAFTA.

Auparavant limitées à la fonction de feux de croisement en raison de leur faible puissance, les LEDs actuelles peuvent délivrer 50 lm/W au niveau de l’optique et des futurs développements tels que celui présenté par Osram avancent 90 lm/W. (voir notre dossier Evolutions des sources d’éclairage).

La fonction ADB (Adaptive Driving Beam – Feux de route évolutifs) devrait constituer à moyen terme la prochaine évolution de l'éclairage. Elle permet de maintenir les feux de route et d'occulter une partie du flux lumineux pour ne pas éblouir les autres usagers. L'ADB a été commercialisée dans un premier temps sur des voitures haut de gamme en utilisant des lampes à décharge (xénon) et est passée aux LEDs très récemment (système Hella sur Mercedes Classe E en 2012). La technologie existante d'occultation par tambour rotatif a été reprise mais l'industrie automobile travaille actuellement sur un système de contrôle de la source lumineuse par segmentation de zone qui permet de supprimer les pièces en mouvements dans l'optique (gain en réactivité) et de proposer de multiple zones occultées en cas de présence de plusieurs véhicules. Cette technologie appelée Matrix est déjà commercialisée sur quelques produits Audi. L'éclairage de chaque zone est assuré par l'extinction de quelques LEDs selon les technologies LCD ou DLP. Annie Blondel de Renault a insisté sur la standardisation de la fonction (notamment le nombre de segments proposé entre différents équipementiers) afin de réduire le coût de développement et démocratiser la fonction.

La fonction ADB pourrait aussi à plus long terme prendre en compte des prédictions de conduite afin d'orienter les flux lumineux vers des zones stratégiques, par exemple pour une manœuvre d'évitement d'urgence ou plus simplement vers une bretelle de sortie d'autoroute. L'orientation contrôlée des rayons lumineux évitera à l’avenir l'éblouissement (sécurité) et la réflexion (confort de lecture) des panneaux indicateurs ou limitera la zone occultée aux pare-brises et lunettes arrière. Il n'est cependant pas envisagé d’éviter d’éclairer les piétons pour une raison de sécurité, quitte à les éblouir.

Les différentes technologies ADB et les contraintes seront détaillées dans un prochain dossier.

  Yvonnick Gazeau

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