27 mai 2015

L’avenir du moteur thermique selon Bosch

Lors de son 62ème Colloque International pour la presse automobile à Boxberg, Bosch a présenté sa vision sur la place du moteur thermique jusqu’en 2025.

L’équipementier allemand estime que les moteurs à combustion interne équiperont encore plus de 90% des véhicules neufs dans 5 ans et qu’ils joueront toujours un rôle important au cours de la prochaine décennie, surtout aux Etats-Unis et en Chine.

Les chaînes de traction devront être de plus en plus propres pour répondre aux normes Euro 6, China 4 et LEV. Pour les moteurs à essence, un nouveau système d’injection capable d’atteindre une pression de 350 bars remplacera l’actuel, limité à 200 bars. Le principal intérêt est de produire une pulvérisation plus fine et en conséquence de réduire les émissions de particules en nombre, ce sujet étant devenu sensible avec l’injection directe. Rolf Bulander, Président du secteur des solutions pour la mobilité, précise : « Le gain est particulièrement notable dans les phases d’accélération et de fortes charges stabilisées. Les 350 bars correspondent à la limite d’emploi de matériaux conventionnel ». L’usinage au laser des trous d’injecteurs crée des arêtes vives qui génèrent une turbulence du carburant dans la chambre de combustion et améliorent la combustion (optimisation du jet). Pour ce même objectif, un système d’injection d’eau sur un moteur turbosuralimenté sera produit en série pour 2018-2019 chez un constructeur, ce système étant déjà en test sur la coupé BMW M4 utilisé en tant que « safety car » des Grands Prix motos.

Le moteur Diesel est une technologie clé pour atteindre les objectifs de réduction des émissions de CO2 et il demeure incontournable en Europe. Bosch s’appuie sur les solutions déjà connues que sont la combustion propre, l’EGR et le post-traitement des gaz d’échappement.

Un capteur de masse de particules est maintenant commercialisé aux USA afin de répondre à la norme OBD et il pourrait devenir nécessaire en Europe lorsque les contrôles en cycle réel RDE (Real Driving Emissions) seront en vigueur. Ce capteur collecte les suies pendant environ 10 minutes, déduit le niveau de particules par mesure de la résistance électrique puis nettoie la partie collectrice par chauffage à 600°C.

Les limites d’émissions de CO2 qui entreront en vigueur en 2021 en Europe pour les véhicules lourds imposent l’hybridation. L’équipementier table sur plus de 6,5 millions d’hybrides et 3,1 millions d’hybrides rechargeables en 2020. Pour les véhicules compacts, l’hybridation 48 volts d’entrée de gamme permet de réduire les émissions de près de 6% en cycle NEDC et jusqu’à 15% en cycle réel. L’économie peut être accrue par la fonction roue libre avec coupure et redémarrage automatique du moteur.

Le développement des voitures électriques passe par une réduction des coûts. Rolf Bulander : « D’ici 2020, le prix des accumulateurs d’énergie sera divisé par deux par rapport à leur prix actuel, pour une densité énergétique deux fois plus importante ». Il ajoute : « Le coût des moteur électriques et de l’électronique de puissance baissera plus vite que celui des batteries ». Bosch prévoit de 2,5 millions de véhicules électriques dans le monde en 2020.

Grâce à l’interconnexion, la connaissance des chantiers mobiles, des embouteillages et des accidents permettra d’améliorer l’efficacité des dispositifs existants tels que la fonction roue libre avec Stop-Start et de mettre en œuvre une stratégie de fonctionnement prédictif.

Concernant l’hydrogène, Bosch ne voit pas ce marché décoller dans les 5 ans qui viennent.

  Yvonnick Gazeau

Haut de page