1er juin 2015

Renault étudie le potentiel d'un moteur 2 temps essence

Lors de la conférence internationale « SIA Powertrain » organisée par la Société des Ingénieurs de l'Automobile (SIA), Renault a présenté en collaboration avec l'Université Polytechnique de Valence (Espagne) une étude sur le potentiel d'un moteur à cycle 2 temps essence pour voiture à bas coût.

Les avantages de ce type de moteur – simplicité mécanique, légèreté et faible coût comparé à un 4 temps de puissance équivalente – feraient de lui un bon candidat pour les marchés émergents. En contrepartie, il est à prévoir une consommation légèrement supérieure.

Renault a étudié pour cela la faisabilité d’un bi-cylindre de 600 cm3 développant environ 30 kW. Le système de balayage choisi est unidirectionnel (Uniflow ) avec admission par lumières et soupapes d’échappement dans la culasse. La masse d’air est pulsée à l’admission par un compresseur centrifuge entraîné mécaniquement. Un déphaseur (VVT) est installé sur l’arbre à cames. L’injection directe, sous 10 bars seulement, est à assistance d'air pour une raison économique.

Le moteur ne doit pas avoir de post-traitement des NOx, également pour limiter son coût. Le constructeur compte pour cela sur une puissance limitée, un faible poids des voitures (moins de 700 kg) et une réglementation moins restrictive des marchés ciblés. Selon Frédéric Justet qui travaille sur ce projet chez Renault : « Les composants chers sont le système VVT, l’injection et le compresseur à haut rendement, alors que le reste du moteur est très économique. Le coût dépendra aussi du nombre produit. Ce moteur est aussi deux fois moins lourd qu'un 4 temps de puissance équivalente ».

En charge partielle, la combustion passe en mode CAI contrôlé par à la fois le calage variable de l’arbre à cames et la richesse du mélange. A pleine charge et pour le démarrage, le début de combustion est assuré par un allumage à calage et durée variable.

Les tests ont été réalisés en simulation sur un monocylindre de 300 cm3. À 2000 tr/min sous pleine charge, la PMI (Pression Moyenne Indiquée) atteindrait 9 bars et une consommation de 250 g/kWh serait possible à charge partielle.

L’avenir de ce projet n’est pas connu pour le moment. Une étude sur un moteur similaire, en fonctionnement en hybride ou non et dédié aux pays européens, sera également lancée. Rappelons que Renault, en partenariat avec d'autres industriels, a étudié cette fois-ci sur banc un Diesel 2 temps (voir notre brève tech Projet d’un moteur Diesel 2 temps et notre actualité du 17 décembre 2014).

  Yvonnick Gazeau

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