4 novembre 2015

La commande automatisée d’embrayage Schaeffler permet la fonction « roue libre »

La « roue libre » automatique est déjà opérationnelle sur des poids lourds, véhicules hybrides ou à transmission automatique mais pas encore avec des boîtes manuelles.

Lorsque la pédale d’accélérateur est relâchée et que le véhicule roule momentanément sur son inertie sans nécessité de frein moteur, le véhicule est exagérément ralenti et sa relance augmente la consommation. Il est alors avantageux de désaccoupler le moteur, un avantage encore plus intéressant s’il est automatiquement coupé plutôt que de tourner au ralenti. Cette fonction appelée « roue libre » ou « coasting » en anglais est déjà implémentée sur les véhicules hybrides et sur quelques modèles à transmission automatique.

Pour automatiser la « roue libre » sur les transmissions manuelles, il est nécessaire d’adjoindre un actionneur à la commande d’embrayage conventionnelle. L’équipementier Schaeffler propose pour cela une famille de commandes E-Clutch dont la première version, « MTplus », gère la mise en « roue libre ». En parallèle à l’émetteur d’embrayage usuel, un actionneur peut créer une pression contrôlée dans le circuit et commander l’embrayage. La pression est créée par un moteur électrique qui pousse un piston via une liaison hélicoïdale. Markus Kneißler, responsable du développement du projet E-Clutch chez Schaeffler LuK, argumente ainsi : « Schaeffler propose le MTplus avec un surcoût limité comparé à une commande d’embrayage conventionnelle ».

Les mesures sur cycles WLTP et en condition de conduite réelle ont enregistré des réductions de consommation de carburant allant de 2% moteur au ralenti à 6% moteur coupé. Schaeffler a aussi montré qu'il est possible de réaliser des économies de 8% en conduite urbaine avec un véhicule doté d'un moteur à essence de 1,2 litre. Par ailleurs, la fonction « roue libre » pourrait amener les constructeurs à bénéficier de crédits d’émissions de CO2 dans le cadre des éco-innovations approuvées par la CEE.

Une version E-Clutch propose aussi une commande « by-wire » où la pédale ne commande qu’un simulateur, de la même manière que les nouveaux systèmes de freinage. Cette commande agit comme une assistance, une aide qui est de plus en plus demandée par les constructeurs lorsque le moteur délivre un couple très élevé. Elle permet également de désaccoupler automatiquement l’embrayage à chaque arrêt, en combinaison avec la fonction Stop-Start, et d’assurer ensuite un lancement automatisé qui serait apprécié en conduite urbaine. En 1995, une telle fonction avait été commercialisée sur plusieurs modèles tels que la Renault Twingo Easy ou la Saab 900 turbo (Sensonic), mais n’avait pas donné de suite commerciale. La commande pourrait aussi être programmable, par exemple en mode confort ou sport.

Enfin, une version sans pédale a été développée. L’ECM (Electronic Clutch Management) permet alors de bénéficier d’une transmission manuelle semi automatisée où le conducteur n’a plus qu’à changer les rapports. Le débrayage et l’embrayage sont effectués en fonction de l’action sur le levier de vitesses. L’ECM peut aussi accompagner une hybridation abordable avec un moteur à 48 volts.

  Yvonnick Gazeau

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