14 octobre 2016

Le BIPE dévoile les résultats de l’étude sur la relation mix énergétique et CO2 pour 2030

Si les prévisions à long terme sont par nature données avec une grande marge d’erreur, cette étude met en avant la limite d’un durcissement des normes d’émissions de CO2 et l’intérêt de reconsidérer les usages de l’automobile.

Lors des Ateliers techniques de la PFA organisés le 11 octobre dernier, Eric Champarnaud, du Bureau d'informations et de prévisions économiques (BIPE), a présenté les résultats de l’étude sur « Le futur du mix énergétique véhicules dans le monde 2020-2030 ». L’objectif de cette projection est d’évaluer la contribution des transports routiers à la réduction de la demande énergétique et des émissions de CO2 à l’échelle mondiale.

De nombreux paramètres ont été pris en compte tels que le mix d’énergies, le type de véhicules (voitures, poids lourds et 2-roues), leurs émissions de CO2, la croissance des différents marchés ou l’évolution des kilométrages.

Plusieurs informations peuvent en être tirées à partir d’un scénario nommé « grean constraint ». Ainsi, l’augmentation du kilométrage total serait compensée par les baisses de consommation des véhicules. Plus en détail, les émissions de CO2 des poids lourds augmenteraient alors que celles des voitures seraient en baisse grâce aux nouvelles technologies. Dès 2025, les efforts des constructeurs de véhicules légers permettraient de contrecarrer l’augmentation des parcs roulants.

L’analyse du type de moteurs thermiques montre par ailleurs une part mondiale des diesels qui passerait de 18 à 6% au profit de l’essence et des GMP hybrides, mais cette baisse serait moins sensible en Europe. Les voitures hybrides non rechargeables, principalement à essence, constitueraient la plus grande part du marché en 2030 (36%), les hybrides essence rechargeables prendraient leur place (12%) alors que les électriques stagneraient à 4%. Les voitures à hydrogène ne seraient toujours pas visibles.

Une autre prévision concerne l’efficacité des solutions de réduction de CO2. Eric Champarnaud avance : « Les énergies décarbonées, représentées par les biocarburants, l’électricité et l’hydrogène, ainsi que le développement de nouvelles offres de mobilité comme l’autopartage et les mesures de restriction d’accès seront beaucoup plus efficaces que le durcissement des normes d’émissions pour infléchir la courbe des émissions de CO2. » Il ajoute : « Ce résultat est basé sur un scénario « grean constraint », mais les autres scénarios montrent également que la baisse de CO2 sera liée à l’usage du véhicule. »


  Yvonnick Gazeau

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