14 mars 2017

Le Goodyear IntelliGrip Urban, un condensé des évolutions du pneu à court terme

Goodyear présente au salon de Genève un pneu concept « tall & narrow », multi-capteur et connecté.

Le pneu concept exposé par Goodyear montre clairement l’impact de l’évolution de l’usage automobile sur cet élément. La caractéristique la plus visible est le grand diamètre et la relative étroitesse, une forme dite « tall & narrow » qui commence à apparaître sur le marché. Renault a par exemple équipé son modèle Scenic des EfficientGrip Performance et Vector 4seasons Gen-2 en dimension 195/55R20 95H XL.

Etienne Besnoin, chef de projet chez Goodyear, présente les avantages : « A surface de contact au sol identique, la roue offre une traînée aérodynamique moindre et l’empreinte au sol moins large mais plus longue réduit la résistance au roulement. La propension à l’aquaplaning aussi réduite, ce qui permet de diminuer le nombre de rainures sur la bande de roulement. Par ailleurs, le diamètre supérieur accroit la longévité car il y a plus de matière. » Il ajoute : « Ce type de pneu est plus silencieux, un critère particulièrement important pour les voitures électriques ; en outre, la résistance au roulement réduite permet l’allongement de leur autonomie. »

Le pneu embarque un capteur collé à l’intérieur, face à la bande de roulement. D’un diamètre d’environ 25 mm pour 7 mm d’épaisseur, il mesure la pression d’air, la température de la gomme et la contrainte mécanique à chaque contact au sol. Etienne Besnoin : « En partenariat avec Huf Electronics, un algorithme qui reprend les données mesurées, le style de conduite et des informations préalablement enregistrées permet d’estimer le niveau d’adhérence et l’usure de la bande de roulement. » Ces informations sont ensuite envoyées aux calculateurs du véhicule et vers des serveurs en Cloud.

Le capteur consommant plus d’énergie que les systèmes TPMS de mesure de pression, il est muni d’un générateur constitué d’une pastille piézoélectrique qui se déforme avec la bande de roulement.

Les informations reçues permettent aux gestionnaires de flottes de faire de la maintenance proactive afin d’améliorer la longévité et la sécurité. C’est également un service qui prendra de l’intérêt avec le déploiement de l’autopartage où le conducteur ne fera pas le suivi du véhicule. Etienne Besnoin : « Ce programme est déjà en place pour les poids lourds où les systèmes TPMS envoient leurs données en Bluetooth. Nous avons aussi le programme expérimental Tesloop qui exploite une flotte de voitures Tesla en service de transport partagé de personnes sur des distances de 80 à près de 500 kilomètres depuis juillet 2015. »

Les manufacturiers discutent en ce moment d’un standard de communication qui permettrait de généraliser la fonction. Sa mise en place risque d’être longue – comme souvent – et les premières applications seront réalisées sans systèmes normalisés.


  Yvonnick Gazeau

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