21 avril 2017

Les actions de la PFA pour que les entreprises françaises s’orientent vers des innovations avantageuses

La Plateforme de la Filière Automobile (PFA) a présenté ses actions sur les programmes R&D à court, moyen et long termes pour que les entreprises françaises puissent bénéficier des différentes mutations du secteur automobile.

Chaque innovation investiguée est représentée sur cycle en V avec en pente descendante la position technique de la PFA et les feuilles de route à 15 ans, et en pente ascendante le choix des innovations puis les programmes de recherche ou la mise en relation d’affaires. Eric Poyeton, directeur général de la PFA, cite deux exemples : « Il a été arrêté que le développement de la filière hydrogène passait en priorité par les prolongateurs d’autonomie ou que nous devions fournir aux entreprises des informations sur toute la chaîne de valeur d’une batterie, de l’extraction des matériaux jusqu’à sa seconde vie. » 230 idées ont ainsi été étudiées, 40% de celles-ci ont permis un contact entre entreprises et 15 % ont abouti à une relation d’affaire. Eric Poyeton : « Ce sont des taux élevés qui s’expliquent par notre large carnet d’adresses. Par exemple, nous avons répondu à une demande de BMW qui cherchait en France des entreprises de fonderie et d’électronique embarquée. »

La deuxième version des programmes collaboratifs a été lancée en mars dernier. Le programme « Véhicule 2l/100 km » arrivé à son terme a fait place à celui du « Véhicule à faible empreinte environnemental » qui prend en compte tous les aspects du cycle de vie. Jean-Luc Brossard, directeur R&D de la PFA : « Nous souhaitons apporter tous les éléments d’information aux entreprises françaises pour qu’elles prennent les bonnes orientations en R&D. Toutes les étapes du cycle de vie d’un véhicule, en termes d’énergie et de pollution de l’environnement, sont étudiées. Le programme concerne par exemple la conception des cellules de batterie, les mixtes énergétiques, les réductions de masse ou les aides à la conduite connectées qui réduisent la consommation. » Le projet FORCE qui vise à diviser par deux (8 €/kg) le coût des composites à base de fibres de carbone est entré dans le deuxième des 3 étapes qui s’achèveront en 2022. Le développement de voitures autonomes est un autre programme majeur. La PFA a participé à l’homologation de plus de 10'000 km de routes autorisées à la conduite autonome, à l’autorisation de tests avec conducteurs discrets et superviseurs ou à la création d’une piste pour les délégations de conduite à l’UTAC de Montlhéry, un outil qui sera opérationnel à la mi-août 2018. D’autres programmes concernent des bornes de recharge « intelligentes » ou la standardisation de systèmes de connectivité et de cybersécurité.

La PFA a également accru sa présence dans les organismes de rédaction des réglementations européennes et des normes ISO afin de faire peser les choix français dans les discussions, surtout en ce qui concerne les véhicules autonomes, les ADAS et la sécurité des personnes. Elle a par exemple obtenu que les correcteurs d’assiette des éclairages ne soient plus obligatoires afin de limiter les coûts et elle appuie l’idée qu’une voiture autonome doit être abordable.

5 tendances d’un plan post 2030 sont désormais investigués. L’impression 3D adaptée à l’automobile est le plus ambitieux avec un budget de 2 millions d'euros sur 5 ans, mais également les combustibles solides à base de poudre métallique (aluminium, fer, magnésium) qui dégagent de l’énergie sans émission locale de CO2, le remplacement du WI-FI par le Li-Fi, les matériaux bio-inspirés et l’analyse complexe de la qualité de l’air. Eric Poyeton : « Nous avons répertorié 120 entreprises de taille intermédiaire (ETI) qui peuvent créer de la croissance par l’innovation, et donc de l’emploi. »

La PFA apporte son soutien aux services de l’état pour évaluer les projets et faciliter leur financements au travers du PIA (Programme d’Investissement d’Avenir). 349 projets ont été financés avec une aide totale de 140 millions d’euros, 34 autres ont été portés par des grands groupes et 115 projets de PME ont été subventionnés.


  Yvonnick Gazeau

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