27 octobre 2017

Delphi commercialise déjà une « architecture satellite » pour les systèmes ADAS/ AD

Les capteurs actuels des systèmes d’aides à la conduite disposent d’une électronique intégrée pour traiter leurs signaux avant leur envoi dans un calculateur central. Dans une « architecture satellite », appellation propre à Delphi, les capteurs sont vidés de cette partie traitement et communiquent des données brutes au calculateur central, avec de nombreux avantages corollaires.

Le premier avantage est évidemment une réduction de l’encombrement des capteurs satellites, ce qui facilite leur intégration derrière le pare-brise ou en périphérie du véhicule. L’équipementier estime que cette architecture évolutive permet d’atteindre jusqu’à plus de 70% de réduction de la taille des capteurs.

Mais ce nouveau concept présente un autre intérêt qui lui donne encore plus de valeur : les données sont moins filtrées lorsqu’elles arrivent au calculateur central et il est ainsi possible d’améliorer la compréhension de l’environnement, étape nécessaire pour le passage du système de sécurité active vers le véhicule autonome. Jérôme Coudré, directeur de la stratégie produits chez Delphi, explique : « Par exemple lorsqu’un capteur repère une voiture, un objet représenté par une forme cubique est transmis. Si notre calculateur multi-domaines reçoit des données brutes directement des capteurs, il disposera alors d’un niveau d’informations beaucoup plus détaillé et sera par exemple à même de déterminer lorsque la porte d’une voiture stationnée est en train de s’ouvrir. » Il sera également plus facile de déterminer la présence de deux piétons très proches l’un de l’autre et d’en étudier les mouvements des bras pour estimer leur déplacement et le risque associé.

La quantité de données à transmettre est nettement plus élevée qu’aujourd’hui, surtout avec l’arrivée des nouveaux capteurs haute-définition, en phase avec l’arrivée de nouveaux bus de communication sur le marché automobile (Delphi ayant conclu un partenariat avec la société Valens sur ce sujet en début d’année).

Cette architecture est déjà commercialisée en partie. Jérôme Coudré : « La nouvelle Audi A8 proposant des prestations de conduite autonome de niveau 3, embarque déjà une caméra satellite Delphi. Elle fournit des images de 1 à 2 mégapixels pour un encombrement 2 fois moindre, la puissance de calcul étant localisée dans le calculateur multi-domaines également fourni par Delphi. » Des radars satellites sont aussi déjà disponibles et présentés à nos clients sur des véhicules de démonstration. Une version du RACam sera proposée fin 2019 avec une réduction d’encombrement de 70%. Rappelons que le RACam regroupe de façon inédite une caméra, un radar longue portée ainsi que l’unité de fusion des données dans un seul boîtier et qu’il est aujourd’hui commercialisé depuis plusieurs années notamment sur les voitures Volvo et Renault.

Cette architecture se rapproche de la proposition de Mentor que nous avions présentée le 4 mai 2017.

Delphi a également développé en partenariat avec Mobileye une plateforme de conduite autonome CSLP (Centralized Sensing, Localization and Planning) qui sera disponible à partir de 2019.


  Yvonnick Gazeau

Haut de page