8 novembre 2017

Navya lancera le premier robot taxi autopartagé sur routes ouvertes en 2018

La société française vient de dévoiler l’Autonom Cab, un véhicule totalement autonome de niveau 5, donc sans volant ni pédales. Des particuliers pourront l’utiliser dans les villes à partir de juillet 2018 selon les accords actuellement en discussion.

Ce robot taxi de 6 places assises, long de 4,65 m, est propulsé par un moteur électrique de 15 kW (20 ch) et 25 kW en crête (34 ch), une puissance suffisante pour atteindre 90 km/h sur du plat ou pour monter une côte de 13 %. La grande innovation est bien sûr sa totale autonomie de conduite et le constructeur n’a pas lésiné sur la redondance des systèmes de mesure de l’environnement :
  • 7 lasers scanners multi-nappes permettant la constitution d’une cartographie 3D, dont 4 dirigés vers l’avant à différentes hauteurs et 3 vers l’arrière
  • 3 Lidars Velodyne à vision 360° et multi-nappes sur le toit, 2 à l’avant et 1 à l’arrière
  • 6 caméras de courte et moyenne portée
  • 4 radars longue portées, un à chaque coin pour déterminer la position et la vitesse des objets aux alentours
  • 4 capteurs de vitesse du véhicule (encodeurs de roues et moteur)
  • 1 centrale inertielle pour améliorer la précision du positionnement
  • 2 antennes GNSS associées à un système GNSS RTK qui apporte une position de précision centimétrique.
  • Un dispositif V2X d’interconnexion avec les infrastructures urbaines, notamment les feux de circulation.
Les lasers scanners (Lidar SCALA) et radars sont fournis par Valeo qui est également actionnaire de Navya. La redondance des mesures de l’environnement est assurée par l’emploi de capteurs basés sur des technologies différentes, mais nous pouvons cependant nous demander pourquoi autant de capteurs sont utilisés ? Pourquoi par exemple il y a-t-il 4 lasers scanners dirigés vers l’avant alors qu’ils ont chacun un angle de vision de 145° ? Navya se donne ici les moyens de proposer un véhicule autonome présentant le plus haut niveau de sécurité et veut emmagasiner dans un premier temps beaucoup d’expériences d’usage de ce type de transport révolutionnaire. Elle ne part de zéro puisque ses modèles Autonom Shuttle ont déjà transporté 200 000 passagers sur un total de 160 000 km en France (Lyon et La Défense), en Suisse, aux USA, en Nouvelle Zélande et en Australie. Une télésurveillance de l’habitacle par caméra est aussi mise en place.

Le véhicule présenté expose en fait tous les moyens disponibles et il est probable qu’il soit commercialisé avec quelques capteurs en moins selon les applications. Le travail de fusion de toutes ces données est énorme. Le véhicule utilise plusieurs plateformes Nvidia de dernière génération à faible consommation électrique et connectées en étage afin de récolter les informations des capteurs, vérifier leur crédibilité, assurer la sécurité et envoyer les bonnes informations de conduite. Il est également équipé d’un Modem de communication avec un centre de supervision humaine qui autorisera des manœuvres non réglementaires exceptionnelles, par exemple franchir une ligne blanche continue pour contourner un véhicule bloquant la voie. Un bouton d’arrêt d’urgence est aussi disponible dans l’habitacle.

Si la vitesse maxi est de 90 km/h, elle sera très certainement limitée à 30 ou 50 km/h sur les premières applications. La batterie lithium-ion (LiFePO4) a une capacité de 22 ou 33 kWh et se recharge à 90 % en 5 ou 9 h.

Christophe Sapet, Président de NAVYA, a annoncé : « Nous pensons qu’un citoyen sur deux utilisera un taxi autonome dans dix ans. » Les utilisateurs pourront appeler un Autonom Cab via une application dédiée et décider de le réserver intégralement ou de partager le transport. Navya a déjà signé des accords de partenariat notamment avec un de leur actionnaire KEOLIS pour l’Europe et les États-Unis et avec le RAC WA pour l’Australie.

Ce premier robot taxi autonome sera présenté au prochain « Consumer Electronics Show » (CES) à Las Vegas début janvier 2018. Navya débutera des expérimentations dans différentes villes dans le monde au deuxième trimestre 2018 et compte livrer les premiers véhicules clients dès juillet 2018. Christophe Sapet indique : « Son coût, entre 230'000 et 250’00 €, est amortissable sur 7 ans et le véhicule peut être utilisé environ 16 heures par jour, sans la charge d’un conducteur. »

Cette jeune société française fait ici un grand pas vers le futur marché des taxi autonomes et confirme sa position d’acteur mondial de premier plan.


  Yvonnick Gazeau

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