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3 avril 2019
Le 0 à 100 km/h en 5,2 s par le concept-car « Smart Bertone »


Le société d’ingénierie Akka a transformé une Smart ForTwo Electric Drive pour qu’elle puisse accélérer de 0 à 100 km/h en 5,2 s seulement.

Le concept-car « Smart Bertone » est un démonstrateur du savoir-faire de la société Akka, spécialiste en ingénierie et services R&D. L’amélioration de capacité d’accélération est obtenue en ajoutant une seconde chaîne cinématique électrique et, ce qui n’est pas le plus facile, sans modifier celle déjà en place.

La Smart ForTwo Electric Drive est à l’origine équipée d’un moteur-générateur de 60 kW (82 ch) sur l’essieu arrière qui lui permet de passer de 0 à 100 km/h en 11,5 s et d’atteindre les 130 km/h. L’idée de l’équipe Akka a alors été de motoriser les roues avant. Le compartiment avant ne disposant pas suffisamment de place, le choix a été porté sur des modules de roue intégrant chacun un moteur-générateur fourni par Elaphe et un frein à disque, l’ensemble monté dans une suspension Pseudo-McPherson développée par KW Automotiv. Ces deux moteurs avant sont alimentés par une seconde batterie installée dans le coffre arrière, en-dessous de son électronique de puissance (Emsiso). Chaque module de roue pèse 25 kg et la batterie dédiée 100 kg. La voie arrière a été élargie pour être en ligne avec la nouvelle largeur de celle avant.

Le contrôle moteur reçoit les données de l’accélérateur, donc sans communication avec l’onduleur d’origine. La puissance combinée des deux modules de roue avant atteint 150 kW (204 ch) mais la batterie lithium-ion dédiée à ces deux moteurs ne peut fournir que 80 kW (109 ch). Cette puissance de batterie (20 A x 400 V) est déjà très élevée au regard de sa capacité de 2,87 kWh, soit un taux de décharge monumental de 28 C de ses 112 cellules. Cette puissance supplémentaire n’est utilisée qu’en accélération et elle n’est pas nécessaire pour atteindre et maintenir la vitesse maxi de 130 km/h.

Un projet mené sur 9 mois


Le projet a été confié à un jeune ingénieur, Jean-Philippe Banquet, qui a travaillé avec plusieurs centre de développement d’Akka : le bureaux d’étude d’Allemagne pour le groupe motopropulseur et celui de France pour les simulations et la liaison au sol, alors que le style a été réalisé par Bertone qui appartient désormais à la société.

Jean-Philippe Banquet parle avec enthousiasme du projet : « Le challenge était d’implémenter les nouveaux composants tout en assurant une sécurité de fonctionnement, une intégration d’interface sans modification des lois de commande existantes et un respect du budget imparti. La sécurité concerne par exemple les machines électriques dans les roues qui doivent être alimentées sous 400 V et avoir un circuit de refroidissement à eau. Les volumes disponibles étaient également limités. »

L’essai du véhicule confirme l’impressionnante accélération annoncée. Le train avant guide parfaitement le châssis dans les virages mais montre une limite en motricité au décollage. Le véhicule a été essayé sur un beau revêtement, les modules de roues auraient peut-être été moins à leur aise sur une chaussée dégradée. Les pneus sont des Pirelli P Zero 205/40 ZR 18 à l’arrière et 205/40 ZR 17 à l’avant.

Une deuxième version avec 4 modules de roue à venir

Une deuxième version du concept-car « Smart Bertone » bientôt étudiée sera plus ambitieuse : le GMP d’origine sera retiré et le véhicule sera propulsé par 4 modules de roue alors que la batterie initiale intégrée dans le plancher sera remplacée par une autre capable de délivrer 300 kW (408 ch). Un programme de vectorisation du couple entre les 4 moteurs sera aussi implémenté.

Akka emploie aujourd’hui 21 000 ingénieurs répartis dans de nombreux pays. Jean-Frank Ricci, directeur général délégué, annonce : « Nous recherchons actuellement 5000 ingénieurs pour des projets chez les constructeurs automobile, aéronautiques et du ferroviaire. Nous pouvons les embaucher en quelques jours. » La société travaille également sur des technologies digitales et de conduite autonome. Rappelons qu’AKKA a pris le contrôle intégral du bureau d’étude MBtech, anciennement filiale à 100 % de Daimler.





  Yvonnick Gazeau