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8 juin 2019
La mise à jour logiciels à distance bientôt généralisée


Ordinateurs, téléphones et autres appareils électroniques grand public reçoivent couramment des mises à jour à distance de leur système d'exploitation et de leurs applications. L’automobile n’en est encore qu’aux prémices mais le mouvement est en cours.

Les mises à jour à distance d’un véhicule permettent de proposer de nouveaux services ou d’introduire des évolutions dans les logiciels pour améliorer les performances ou corriger des bugs. Elles sont d'ailleurs d'autant plus importantes qu’elles pourraient probablement être effectuées sur des véhicules âgés jusqu’à 10 ans ou plus contre 2 à 3 ans pour les smartphones.

Ainsi de nouveaux styles d’affichage peuvent être proposés sur les écrans ou la commande vocale d’un système de navigation peut être enrichie de la dénomination des établissements (piscine, mairie, circuit de karting, etc.) plutôt que de rentrer leur adresse. Plus critique et conditionnée à une cybersécurité contre le piratage éprouvée, une mise à jour des éléments de la chaîne cinématique ou de systèmes de conduite est également possible, par exemple en ce qui concerne le comportement d’un moteur électrique, d’un régulateur de vitesse adaptatif ou d’aide au stationnement.

En 2008 déjà, BMW annonçait un premier déploiement de mises à jour à distance et avait confirmé qu’une Série 6 cabriolet, dont la capote était bloquée en position ouverte, a pu être dépannée à distance. Mais le premier constructeur à avoir généralisé cette technologie et l’avoir élargie à l’ensemble des fonctions du véhicule est Tesla, motivé notamment par la volonté d’implémenter fréquemment des évolutions et par la faible densité de son réseau après-vente. Les BMW X5 et Série 3 et 8 qui utilisent la nouvelle architecture électronique « BMW Operating System 7.0 » ont également cette capacité. General Motors la proposera pour la première fois sur la Cadillac CT5 prévue pour la fin de cette année et a annoncé qu’elle sera généralisée sur tous ses modèles en 2023.

Une nouvelle architecture électronique


Les mises à jour à distance nécessitent une nouvelles architecture électronique : connectivité élevée (de préférence Wifi), quelques supercalculateurs (à la fois pour accepter des modifications de programmes plusieurs années après leur conception et pour réduire le nombre de calculateurs et de connexions), une colonne vertébrale en Ethernet et des protections contre les attaques informatiques. Tesla ne dispose pas d'une telle architecture électronique mais s'est inspiré de celle des appareils informatiques classiques, les a dopés d’une puissance de calcul élevée et a fermé les systèmes pour que les mises à jour ne soient possibles que via son organisation.

Ces mises à jour à distance sont réalisées avec la participation du conducteur : véhicule stationné en sécurité, acceptation et lancement de l’opération, validation de la mise à jour et vérification du bon fonctionnement. Tesla, qui bénéficie d’une clientèle très ouverte à de tels procédés, a par exemple déjà proposé plusieurs améliorations de son système d’aide à la conduite Autopilot et, depuis quelques semaines, offre la possibilité de monter la limite de puissance de recharge des batteries des Model 3 de 120 kW à 250 kW sur un temps défini pendant l’opération.





  Yvonnick Gazeau