22 mai 2006

Shell Eco Marathon 2006, la revanche du moteur à combustion

Le lycée La Joliverie de Nantes remporte le Shell Eco Marathon 2006. Comme d’habitude diriez-vous ? Pas vraiment. Le multiple vainqueur Microjoule a abandonné l’essence pour l’éthanol cette année. Le Microjoule gagne l’édition 2006 avec un équivalant de 2885 km pour 1 litre. Peut-être sa dernière victoire, car les deux autres places du podium sont tenues par deux véhicules à pile à combustible, pourtant favorites. La 2me place revient à ESSTIN de Vandoeuvre-lès-Nancy (54 - France). Cette école supérieure gagne aussi le 2me prix de l’innovation technique pour avoir réalisé entièrement sa pile à combustible. A qui la 3me place ? Au lycée La Joliverie de Nantes, encore, mais associé à l’école Polytechnique de l’université de Nantes. Cette première association semble donc partie sur de très bonnes bases, l’école Polytechnique assurant le développement de la pile à combustible, La Joliverie celui du véhicule, de même que l’organisation et la tactique de course.

Côté technique, plusieurs évolutions sont à noter. Le véhicule de l’équipe allemande Hochschule d’Offenburg, premier prix de l’innovation technique, est propulsé par un moteur électrique de type « sans balais », intégré dans le moyeu de la roue, rotor dans la circonférence extérieure, exempt de courant de Foucault en roue libre. Une très belle réalisation qui, sans transmission, réduit les pertes mécaniques. Le 3me prix de l’innovation technique a été attribué à l’Université Technologique de Chemnitz, Allemagne, pour sa pédale d’accélérateur sans articulation. Elle se compose d’une lame ressort en matériaux composite. Un capteur de déformation, avec correction de la température, pilote la puissance à délivrer par la pile à combustible. L’ESTACA présentait un moteur fonctionnant en semi-HCCI. La combustion débute en front de flamme, puis passe en détonation contrôlée, de type cliquetis. Ce 2me type de combustion est contrôlé par l’avance à l’allumage. Mr Jean Pierre Rivere, professeur à l’ESTACA, annonce un rendement indiqué passant de 32 à 40%. Enfin, pour terminer la partie technique, Philippe Maindru, le « Jean Todt » de l’équipe Polyjoule nous offre un scoop dans son explication du passage du véhicule Microjoule au carburant éthanol : « Notre moteur essence fonctionnait en HCCI partiel depuis un grand nombre d’années. En raison du taux d’octane nettement plus élevé de l’éthanol, nous n’avons pas eu suffisamment de temps pour adapter le moteur. Nous sommes donc revenu à une combustion déflagrante ». Ce qui n’a pas empêché le Microjoule de gagner… .

Nouvelle orientation, le Shell Eco Marathon s’internationalise. Le challenge de Nogaro (France) devient l’épreuve européenne, la consécration pour cette l’organisation française, et le pétrolier souhaite mettre rapidement en place un même événement aux USA, puis en Asie.

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