21 août 2007

Quel avenir pour la climatisation au CO2 ?

Eléments de climatisation au CO2
Denso

À compter du 1er janvier 2011, un système de climatisation à base de gaz à effet de serre fluorés dont le potentiel de réchauffement planétaire est supérieur à 150 sera interdit sur le plan européen ou national pour les nouveaux types de véhicule. À partir du 1er janvier 2017, cette loi concernera tous les véhicules neufs. Le "potentiel de réchauffement planétaire" PRP, ou GWP (Global Warning Potential), valorise l’impact d'un gaz à effet de serre fluoré par rapport à celui au dioxyde de carbone. Pour rappel, le fluide actuellement utilisé présente un PRP de 1 300 et celui antérieur, le R12, avait un PRP de 14 000.

Après plusieurs essais d’autres fluides tels que le R152, le R744 à base de CO2 semblait faire l’unanimité auprès des équipementiers de la climatisation. Les spécialistes ont investi 500 millions d’euros (d’après l’institut de recherche TWK) en cette technologie. Le PRP du R744 est de 1, il ne nécessite aucun recyclage en fin de vie du véhicule et offre une fonction « pompe à chaleur ». Son fonctionnement est plus contraignant en raison de sa pression élevée, jusqu’à 120 bars, soit 5 fois plus que pour le R134a. Cependant, son fonctionnement à plus haute pression augmente son coût de fabrication de +30% en moyenne selon les fournisseurs, ce qui est aujourd’hui une contrainte majeure pour les constructeurs.

Les chimistes DuPont et Honeywell ont alors jeté un chaud et froid sur le marché de la climatisation : ils ont annoncé avoir développé un fluide ayant un PRP inférieur à 130 et fonctionnant sur les dispositifs actuels avec très peu de modifications, et donc sans augmentation marquante du coût de production. Ce fluide offre aussi l’avantage de pouvoir séduire le marché américain qui n’a pas encore légiféré sur le sujet. Il est actuellement en évaluation chez tous les équipementiers et constructeurs. L’autre question technique en suspend est l’évolution de ses caractéristiques avec son vieillissement, notamment sur sa toxicité. Les résultats de ces analyses devraient être connus d’ici la fin de l’année.

Si ce fluide passe ces tests de tenue au vieillissement, de même que ceux d’adaptation aux dispositifs conventionnels, il est bien probable que la climatisation au CO2 soit mort-née, ou appelée à une commercialisation marginale, malgré les sommes investies et ses prestations techniques et environnementales supérieures.
  Yvonnick Gazeau

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