5 octobre 2017
Voitures climatiquement neutres : les carburants de synthèse transforment le CO2 en matière première
Une étude Bosch met en évidence un fort potentiel de réduction des émissions de CO2

Gerlingen, Allemagne – Si le moteur à combustion neutre en CO2 relevait du fantasme il y a quelques années encore, il pourrait bientôt devenir une réalité. Le secret réside dans les carburants de synthèse ou eFuels, qui séquestrent du CO2 lors de leur fabrication. Le gaz à effet de serre se transforme ainsi en matière première, à partir de laquelle il est possible de produire de l’essence, du gazole ou du gaz à l’aide d’électricité obtenue à partir d’énergies renouvelables. « Les carburants de synthèse peuvent rendre les moteurs essence et diesel neutres en CO2 et apporter une large contribution à la limitation du réchauffement de la planète », explique Volkmar Denner, le Président du Directoire de Robert Bosch GmbH. Des experts Bosch ont calculé l’importance de cette contribution pour le seul parc européen de véhicules particuliers : d’ici 2050, l’utilisation systématique de carburants de synthèse en complément de l’électrification pourrait permettre d’économiser jusqu’à 2 800 000 000 000 kilogrammes de CO2 (soit 2,8 gigatonnes).1 Cela correspond à trois fois les émissions de dioxyde de carbone de l’Allemagne en 2016.

Une combustion générant peu de suies réduit les coûts du post-traitement des gaz d’échappement

Il suffit de regarder au-delà des frontières européennes pour constater l’urgence d’une nouvelle réduction des émissions liées au trafic. Pour atteindre les objectifs fixés lors de la Conférence de Paris sur le climat, il faut réduire les émissions de CO2 liées au trafic de 50 % dans le monde au cours des quatre prochaines décennies et d’au moins 85 %2 dans les pays industrialisés. « Pour atteindre nos futurs objectifs climatiques, nous avons besoin d’autres solutions intelligentes en plus de l’électromobilité », a expliqué Volkmar Denner. Car même si toutes les voitures devenaient un jour 100 % électriques, les avions, les bateaux et même les camions continueraient à fonctionner essentiellement avec du carburant. Les moteurs à combustion neutres en CO2 et fonctionnant avec des carburants de synthèse constituent de ce fait une voie très prometteuse à explorer, même pour les véhicules particuliers. A cela s’ajoute que les carburants de synthèse peuvent être conçus de manière à ne générer pratiquement pas de suies lors de la combustion, ce qui réduirait les coûts du post-traitement des gaz d’échappement.

Un autre atout majeur serait de pouvoir continuer à utiliser le réseau de stations-service existant, ainsi que les compétences actuelles en matière de technique de combustion. Et même si le prix des voitures électriques devrait considérablement diminuer au cours des prochaines années, le développement des carburants pourrait s’avérer rentable. Bosch a calculé que selon le coût de l’énergie renouvelable utilisée et jusqu’à un kilométrage maximal de 160 000 kilomètres, le coût total de possession d’un véhicule hybride fonctionnant avec des carburants de synthèse pourrait être inférieur à celui d’une voiture électrique dotée d’une grande autonomie.

Une nouvelle vie pour le réseau actuel de stations-service et les anciens véhicules

Il est d’ores et déjà techniquement possible de fabriquer des carburants de synthèse. Si l’électricité utilisée pour leur fabrication provient d’énergies renouvelables, et donc sans CO2, ces carburants sont climatiquement neutres et polyvalents. L’hydrogène (H2) initialement produit permet de faire fonctionner des piles à combustible, ainsi que des moteurs à combustion et turbines d’avion après avoir soumis les carburants obtenus à un traitement supplémentaire. Les premiers essais pilotes pour commercialiser du gazole, de l’essence et du gaz de synthèse sont en cours en Norvège et en Allemagne. De plus, grâce à leur compatibilité avec l’infrastructure et la génération de moteurs actuelles, les carburants de synthèse permettront un haut niveau de pénétration du marché bien plus précoce qu’en remplaçant la flotte actuelle par des véhicules électriques. Et rien ne changera pour les conducteurs de véhicules relativement anciens, l’essence de synthèse étant compatible même avec les oldtimers. En termes de structures chimiques et de caractéristiques fondamentales, il s’agit en effet toujours d’essence.


  Source : Bosch
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