7 janvier 2016
Delphi : De mécanique à électronique, le LiDAR suivra-t-il le même chemin que le radar ?


Dans un passé pas si lointain, les radars concernaient surtout les fusées Apollo, les systèmes de défense sol-air et les avions de combat très coûteux. Aujourd’hui, grâce à leur coût réduit, ils sont aussi courants dans les voitures que les essuie-glaces et le verre laminé. Le LiDAR devrait emprunter le même chemin, mais grâce à Delphi, sa démocratisation devrait se faire à un rythme plus rapide.

« Un capteur radar coûte moins de 100 dollars car la technologie a évolué, passant de systèmes mécaniques très chers à des solutions électroniques (« solid-state »), c’est-à-dire sans aucune pièce mobile, » explique Jeff Owens, directeur de la technologie chez Delphi. « Ceci améliore considérablement la fiabilité tout en réduisant le coût. Ce même scénario est en train de se répéter pour le LiDAR. »

Les systèmes LiDAR mécaniques, présents aujourd'hui sur de nombreux véhicules à conduite automatisée, peuvent coûter jusqu’à 80 000 dollars, et les intégrer parfaitement à la conception d’un véhicule serait difficile. Mais les LiDAR électroniques (« solid-state »), comme le système que Delphi et Quanergy développent actuellement, coûteront environ 250 dollars par capteur et seront intégrés bien plus facilement à une voiture pour un design amélioré.

« Delphi et Quanergy testeront des prototypes au cours des 18 mois à venir, » déclare Jeff Owens. « Un domaine particulièrement observé concernera les exigences propres au secteur automobile, comme par exemple : sommes-nous capables de fabriquer des pièces qui dureront aussi longtemps que la voiture et qui résisteront à toutes les conditions météorologiques et à tous les types de route ? »

Réduire les coûts est une chose, mais fabriquer moins cher tout en restant conforme aux exigences du secteur en est une autre. Jeff Owens a pu assister en personne à la transition opérée dans le domaine militaire entre les radars mécaniques et les radars à balayage électronique.

« C’était en 1990, je travaillais dans un groupe hors cadre à Tucson, Arizona, avec des chercheurs de GM Hughes Electronics, » se souvient Jeff Owens. « Le ministère américain de la Défense cherchait à développer un radar à balayage électronique sur un F-18. Cette technologie améliorait la portée et la précision tout en rendant plus compliqué le brouillage du signal par l’ennemi, car les fréquences utilisées changeaient au maximum toutes les 20 microsecondes. »

Jeff Owens explique que l’émetteur-récepteur avait environ la taille d’un bâton de chewing-gum. « Ces dispositifs émetteurs-récepteurs coûtaient près de 3 000 dollars chacun et il y en avait environ 10 000 répartis dans le nez de cet avion de chasse, » détaille-t-il.

Jeff Owens se souvient avoir fait visiter aux militaires l’usine Delphi de Kokomo dans l’Indiana. Ils ont été surtout impressionnés par la production en masse de régulateurs de tension à cinq dollars.

« Nous fabriquions ces régulateurs en grandes quantités et à des prix très bas, et ils étaient conformes à toutes les exigences militaires, » déclare Jeff Owens. « Hormis le scénario de catastrophe nucléaire, les normes automobiles étaient plus exigeantes encore que les normes militaires. Ils ont donc voulu que nous appliquions nos méthodes pour leur fournir des systèmes radars à bas prix, aux normes du secteur automobile. C’est ainsi que nos radars ont été utilisés par les militaires américains. »


  Source : Delphi



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