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La validation du frein de stationnement électrique du Citroën C4 Picasso
Le nouveau Citroën C4 Picasso est doté d’un frein de stationnement électrique permettant
l’automatisation de la fonction et l’apport de fonctionnalités nouvelles. Le système est géré par
deux calculateurs : l’un, dédié au système, gère l’effort de freinage, le second est le calculateur
d’ESP qui, outre ses fonctions classiques, assure la logique de pilotage des diverses fonctions
liées au frein de parking électrique. La validation de l’ensemble a pu être optimisée grâce à un
banc de tests HIL bi-calculateur mis au point par le spécialiste IPG.
Le Mondial de l’automobile 2006 de Paris a dévoilé un nouveau concurrent dans le segment des
monospaces compacts de 7 places : le Citroën C4 Picasso. Il présente de nouveaux atouts dans cet
univers très concurrentiel : de grands espaces lumineux et une modularité de référence. Le véhicule
est aussi doté de plusieurs aides à la conduite innovantes telles que le système de mesure de place
disponible pour le stationnement, une alerte de franchissement involontaire de ligne (AFIL), le frein de
stationnement automatique et l’aide au démarrage en pente. Ces deux derniers équipements,
regroupés sous le nom d’Easy Move, ont pu être proposés grâce à un frein de stationnement à
commande électrique EPB (Electric Parking Brake).
Une nouvelle aide au prix d’un EPB complexe
L’Easy Move apporte un réel confort de conduite au conducteur. A chaque coupure du moteur, le frein
de stationnement est automatiquement serré. Il se desserre au redémarrage dès que le couple moteur
nécessaire pour avancer est atteint. Une palette au centre de la planche de bord permet de
commander manuellement le système en cas d’arrêt momentané sans coupure du moteur. Pour une
question de sécurité, le desserrage manuel du frein de stationnement électrique ne peut se faire que
pied sur le frein ou sur l’accélérateur. Autre avantage pour l’utilisateur, il offre une assistance pour les
démarrages et les manoeuvres en pente. Afin de faciliter la manoeuvre du démarrage en côte tant
redoutée par un grand nombre de conducteurs, le frein de stationnement reste jusqu’à 2 secondes
après le lâcher de la pédale de frein. Cela laisse le temps au conducteur de passer de la pédale de
frein à celle d’accélérateur sans risquer un mouvement non contrôlé de son véhicule vers le bas de la
pente. Cette aide au démarrage s’active dès 3 % de pente dans les deux sens de déplacement.
L’EPB est composé d’un moteur électrique, placé sous le siège avant gauche, tirant les câbles du
dispositif dédié de serrage des disques de frein arrière. Son calculateur contrôle le dosage de l’effort à
appliquer, en fonction de la pente, pour immobiliser le véhicule. Un programme de réajustement de
l’effort de freinage veille en permanence sur l’efficacité du serrage, par exemple lors d’un chargement
du véhicule en pente ou sous une forte variation de température.
Une validation complète grâce au banc de tests bi-calculateur
Si le calculateur de l’EPB gère le fonctionnement du moteur électrique, la fonction Easy Move est
pilotée par le calculateur de l’ESP. Plusieurs paramètres sont pris en compte comme la position de la
pédale d’embrayage (avec boîte manuelle) ou du rapport engagé (avec boîtes automatique ou
robotisée), la pente, la vitesse du véhicule ou la force de serrage des freins. Ce système complexe a
donc nécessité une procédure de validation de fonctionnement spécifique réalisée par l’un des
services Mise au point, Validation, Intégration (MPVI) de PSA Peugeot Citroën.
Les services MPVI, répartis sur 4 pôles du territoire français, ont en charge la validation des systèmes
électroniques placés hors habitacle (ESP, contrôleur moteur , suspension,…). Le périmètre des tests
concerne autant la validation des systèmes que ceux inter-organes. L’intérêt est de vérifier que les
systèmes qui ont été, dans un premier temps, validés individuellement, communiquent parfaitement
entre eux une fois intégrés dans le véhicule.
Le service MPVI du site de Belchamp (France) a eu en charge la validation du système Easy Move du
nouveau Citroën C4 Picasso. Il utilise les bancs IPG depuis de nombreuses années. Ce choix avait
été dicté par la qualité du produit Hardware In the Loop pour la liaison au sol. Il dispose aujourd’hui de
5 bancs IPG, utilisés pour toutes les validations systèmes unitaires, ainsi que pour valider les
fonctions qui font intervenir plusieurs calculateurs, qui sont alors testés en sous-système. C’est par
exemple le cas pour la validation de la fonction Easy Move du Citroën C4 Picasso.
Laurent Marcuzzi, responsable du service MPVI du site de Belchamp, nous présente le banc qui a
permis de répondre à ce cahier des charges : «
Pour permettre cette validation, nous avons dû
concevoir un banc bi-calculateur simulant l’ensemble de l’environnement véhicule lié au sous
système. ». Un des bancs IPG mono-calculateur a ainsi été transformé en banc bi-calculateur. Il
simule la présence de tous les capteurs ou autres calculateurs et reproduit toutes les situations de vie
que le véhicule pourrait rencontrer. Ce même banc est également utilisé pour la validation de chaque
calculateur de façon individuelle avant les tests de validation en mode bi-calculateur. Laurent Marcuzzi
ajoute : «
Nous avons cherché à obtenir une parfaite représentativité du dispositif en intégrant le
maximum de pièces réelles ». En effet, un autre service, ILDR (Ingénierie des Liaisons au sol et
Dynamique Route) utilise ce banc pour les tests de performance et de sécurité. Par exemple, ILDR
analyse le comportement du système en cas de déconnexion d’un capteur à haute vitesse en virage,
ce qui peut être fait en toute sécurité grâce au banc. IPG a donc conçu un banc collant au plus près à
la réalité. Ont été ainsi installés tous les câblages définitifs du véhicule, mais aussi par exemple les
vrais étriers de frein et l’essieu arrière.
Un gain de temps considérable sur la validation
La suite logicielle CarMaker/HIL des bancs IPG permet d’automatiser les scénarii de test et le
fonctionnement du banc. Hakim Ben Salah, responsable des bancs de tests pour MPVI Belchamp
nous indique le premier avantage de l’outil : «
Nous avons quantifié que cet outil de test IPG
CarMaker/HIL pour la fonction Easy Move nous a apporté un gain de temps de 1100% ». En effet, si
tous les tests réalisés par le banc devaient se faire manuellement, 160 heures de travail par itération
seraient nécessaires. Grâce au banc IPG, ces tests sont effectués en une seule nuit. Gain de temps
induit inéluctablement gain économique car un grand nombre d’heures de travail d’ingénieurs sont
économisées. Mais les avantages ne s’arrêtent pas seulement au gain de temps et au coût de la
validation. Grâce à leur automatisation et à leur rapidité, il est possible de réaliser des tests avec une
couverture avoisinant les 100%, et ce sur toutes les itérations de softs.. C’est donc aussi la qualité du
produit qui est gagnante. Laurent Marcuzzi : «
Nous testons des softs touchant à des fonctions
sécuritaires telles que l’ESP. Il est primordial d’effectuer des tests de grande qualité et nous faisons
confiance pour cela aux produits et services proposés par notre partenaire IPG ».
Juin 2007