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2 décembre 2020
Plastic Omnium renforce son offre sur la propulsion à hydrogène


L’équipementier français organise sa force R&D et son offre industrielle sur les réservoirs à hydrogène, les piles à combustible et ses systèmes périphériques. Le coût de ces deux derniers devrait être divisé par 5 d’ici 2030.


Depuis 2015, Plastic Omnium, leader mondial de fabrication de réservoirs pour véhicules essence et diesel, est très actif dans le développement et la production de réservoirs en plastique renforcé de fibres de carbone (PRFC) destinés au stockage d’hydrogène sous 350 et 700 bars, divisant la masse par 5 par rapport à ceux en acier. Le travail des scientifiques consiste à diminuer la quantité de fibre de carbone sans perte de résistance afin d’abaisser coût et masse, développement qui vise notamment le nombre de couches, l’orientation et la tension des fibres, l’étude des contraintes locales, etc. Ces recherches, notamment conduites dans le centre R&D Deltatech de Bruxelles, sont détaillées dans notre Focus tech : Les défis techniques des réservoirs d’hydrogène.

L’équipementier propose de placer un « rack » de 5 à 6 réservoirs derrière la cabine des poids lourds ou, de façon plus innovante pour 2025-2030, dans le soubassement des voitures qui est l’espace habituellement dédié à la batterie des versions électriques. Si cette dernière solution est plus onéreuse et plus lourde que celle d’un gros réservoir en fond de coffre, elle permet d’intégrer le stockage sans modification majeure d’un châssis déjà prévu pour une propulsion à batterie et sans restreindre le volume de chargement.

Plastic Omnium vise une réduction du coût des piles à combustible, passant de 300 €/kW aujourd’hui à 50 €/kW en 2030 (celui d’un diesel Euro 6d est actuellement de l’ordre de 30 €/kW). Marc Perraudin, directeur général de Plastic Omnium New Energies, explique : « Nous devons pour cela réduire la quantité de platine, nécessaire à la réaction électrochimique, et d’or améliorant la conductivité électrique, ou avoir recours à d’autres matériaux. »

Les optimisations économiques et volumiques porteront également sur le système intégré périphérique à la PAC. Il comprend 120 à 150 composants, dont principalement un filtre à air, un compresseur d’air (jusqu’à 2,5 bars), un humidificateur de membranes, une vanne de court-circuitage, un préchauffage d’hydrogène, une pompe de recirculation du gaz, une pompe de refroidissement et un by-pass, le tout géré par un calculateur et un convertisseur de tension continue.

Cristian Kopp, directeur général de Clean Energy Systems, rappelle : « Nous nous appuyons sur la grande expérience de nos 150 ingénieurs en termes de gestion des fluides et de mécatronique. Nous allons également créer une centaine d’emplois pour notre centre de recherche Alphatech près de Paris, afin de renforcer les équipes déjà composées de 500 personnes, et poursuivre nos investissements dans le centre Omegatech situé à Wuhan en Chine. »


Plastic Omnium cible un coût total du système hydrogène pour un véhicule particulier de l’ordre de 6 000 à 8 000 euros d’ici 2030.

Rappelons que Plastic Omnium a créé la société israélienne PO-CellTech en 2016 consacrée à la pile à combustible (PAC) et a acquis Swiss Hydrogen (contrôle d’énergie de PAC), ainsi que Optimum CPV (conception et production de réservoirs PRFC). Plus récemment, le groupe a annoncé la création, avec l’équipementier allemand ElringKlinger, de la co-entreprise EKPO Fuel Cell Technologies spécialisée dans la pile à combustible, ainsi que l’acquisition de la filiale d’ElringKlinger en Autriche, spécialisée dans l’intégration de systèmes à hydrogène. La société compte investir environ 100 millions d’euros par an sur les années à venir afin de renforcer ses moyens industriels et de disposer à terme de 15 lignes de production en Asie, Europe et Amérique du Nord. Une ligne de production de réservoirs hydrogène vient d’être mise en service en Belgique pour livrer les premiers contrats de bus et de camions dès 2021.


  Yvonnick Gazeau