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19 mars 2021
IFPEN : pour la première fois, les investissements pour la transition énergétique ont été majoritaires

Analyse de cycles de vie - Projet E4T 2040


Pierre-Franck Chevet, président d’IFP Energies Nouvelles, a présenté le bilan de la consommation des énergies sur l’année 2020 et les bouleversements en cours générés par la transition énergétique.

Sans surprise, la consommation mondiale de pétrole a baissé de 9 % et celle du gaz naturel de 3 %, avec en conséquence une chute de 7 % des émissions de CO2. Quant à la transition énergétique, Pierre-Franck Chevet annonce des signaux encourageants : « A 4 % en 2019, la part des ventes en Europe de véhicules électriques a brutalement atteint 9 % en 2020. » Les capacités mondiales installées en éolien et solaire ont été accrues respectivement de 26 % et 12 %. Il indique : « Le monde « hydrocarbure » est en récession alors que le monde « vert » continue de progresser de manière accélérée. »

L’ambition de neutralité carbone est de plus en plus partagée sur la planète : au moins 38 pays dont les USA, particpant √† 54 % des émissions de CO2, se sont engagées à atteindre une neutralité carbone échelonnée entre 2030 et 2060 selon les nations.

Pour la r√©alisation de cet ambitieux projet, de nombreux gouvernements envisagent notamment le développement de l'hydrogène. Afin d’éviter des émissions de gaz à effet de serre lors de sa production par pyrolyse du méthane (hydrogène « gris »), le système de captage du CO2 issu du gaz fossile va devenir accessible industriellement (hydrogène « bleu ») et les dispositifs d’électrolyse alimentés par une source d’énergie renouvelable ou nucléaire (hydrogène « vert ») sont en cours d’implantation. L’Agence Internationale de l'Energie (AIE) estime que l’hydrogène sera fourni dans les décennies à venir en parité par ces deux dernières technologies de production. Le marché mondial de l’hydrogène devrait atteindre environ 140 Mt en 2040 et 520 Mt en 2070.

Pierre-Franck Chevet : « Afin d’atteindre cet objectif ambitieux, les coûts devront baisser drastiquement, tant ceux de production, incluant les électrolyseurs et équipements d’énergies renouvelables, que ceux des véhicules. » La question du stockage du carbone en très grande quantité induit par ailleurs une question de société.

Le prix de l’hydrogène est également un challenge annonce le président d’IFPEN : « Au niveau de la production, l’hydrogène gris est actuellement à environ 1,5 €/kg, le bleu à 2,5 €/kg et le vert à 5 €/kg. Il y a un travail énorme à effectuer sur ce sujet. »

Les 3 grands marchés représentés par les USA, l’Europe et la Chine augmentent leur part de ventes de véhicules électriques. Cette accélération est malheureusement encore peu sensible sur la décarbonisation du parc roulant et ne se fera sentir qu’à partir de 2040. Pierre-Franck Chevet : « La décarbonation de la mobilité nécessite d’autres solutions applicables plus rapidement, notamment l’emploi de biocarburants, le développement des transferts modaux et le renouvellement rapide du parc actuel via par exemple les primes à la casse. »

L’IFPEN a réalisé une étude de cycle de vie comparative entre différentes sources d’énergie pour l’automobile, quantifiée en grammes de CO2 par km et par personne transportée (hypothèses : 10 ans, 15 000 km/an, consommation WLTC, véhicules légers). Une voiture à essence affiche 150 g CO2/km.p, une diesel 135 g CO2/km.p, une électrique entre 60 et 120 g CO2/km.p selon le mode de production d’électricité et enfin une au biogaz à environ 50 g CO2/km.p. Le président d’IFPEN conclut : « Les biocarburants représentent une solution très intéressante pour décarboner la mobilité. »

Concernant la demande pétrolière mondiale, les combustibles fossiles continueront de jouer un rôle majeur dans le système énergétique d'ici 2050 en raison de la croissance dans les domaines de la chimie et de l'aviation. Le pic de demande du charbon a été atteint en 2014, mais celui du pétrole le sera vers 2030-35 et celui du gaz aux alentours de 2040-45. Cependant, Pierre-Franck Chevet indique : « Pour la première fois, les investissements mondiaux pour la transition énergétique ont été supérieurs à ceux du secteur amont représenté par le pétrole et le gaz. Nous sommes dans un moment historique de bascule. »





  Yvonnick Gazeau