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6 octobre 2020
PROSPECTIVE : les impacts des changements de motorisation sur l’activité et l’emploi dans les services de l’automobile à l’horizon 2036


L’Observatoire des métiers des services de l’automobile vient de publier un « Autofocus » sur les impacts des changements de motorisation sur l’activité et l’emploi dans les services de l’automobile à l’horizon 2036.

Sur la base de trois scénarios prospectifs, cette étude prospective fournit aux acteurs professionnels de la branche des données et des perspectives leur permettant d’anticiper l’évolution des métiers et de leurs business models.

L’étude souligne le caractère multifactoriel des mutations à venir. Dans le cadre de la transition énergétique, la France et l’Union européenne mettent en place de nouvelles réglementations qui impactent l’automobile : l’électrification, la dédiéselisation et le vieillissement du parc automobile interagissent simultanément pour dessiner l’avenir du parc et des opérateurs qui l’entretiennent et le réparent.



Horizon 2036

L’Observatoire des métiers des services de l’automobile (intégré à l’ANFA et OPMQ de branche) a collaboré avec les cabinets Feria et TCG Conseil pour développer trois scenarios. L’un des enseignements notables est que, même dans un scénario de fort développement des véhicules électriques en 2036, 60 % du parc automobile reste thermique. Dans ce contexte, les impacts varient fortement selon la nature des activités des entreprises.

Le marché du pneu représente le marché de l’après-vente le plus porteur.

L’étude pointe que, dans les dix prochaines années, les problématiques principales de formation des mécaniciens réparateurs automobile pourraient tourner autour des réparations de véhicules diesel, EGR, turbos et filtres à particule. Du côté de l’emploi, dans le commerce et la réparation automobile, entre 5 800 et 7 600 personnes partent actuellement annuellement en fin de carrière. La baisse de l’emploi liée aux changements de motorisation pourrait être diluée dans ces départs, sans générer de licenciements économiques. Cependant, la baisse d’emploi structurelle peut également être amplifiée par la situation conjoncturelle.

Trois scénarios

En 2019, le nombre d’opérations après-vente est évalué à 64 millions : l’entretien représente 53 % des opérations, la réparation 29 % et le pneumatique 17 %. En 2036, la variation de ce nombre dépend des éléments d’évolution du parc, ainsi que des évolutions structurelles de d’après-vente (baisse du kilométrage moyen, fiabilisation des véhicules…). Le volume total d’opérations après-vente diminuerait sous l’effet du changement de motorisation entre -2,8 % et -4 %. Le nombre total d’opérations après-vente passerait de 64 millions à 62 millions dans un scénario de faible développement des véhicules électriques et à 61 millions d’opérations en cas de fort développement de ces véhicules.

L’évolution du nombre d’heures de main d’oeuvre serait en revanche beaucoup plus impacté que le nombre d’opérations (entre -6% et -13%) à cause de la rapidité de l’entretien des véhicules électriques.

Pourquoi un tel impact ?

« Il ressort de notre étude que la distribution automobile va devoir faire évoluer son business model dans les cinq prochaines années. La dédiéselisation impacte nécessairement les entreprises de réparation automobile. Parallèlement, l’essor du véhicule électrique a une incidence : le moteur n’a pas besoin d’entretien et les batteries qui doivent être changées ont une durée de vie supérieure aux 7-10 ans initialement prévus par les constructeurs. Les dépenses en entretien d’une voiture électrique sont évaluées à la moitié de la valeur d’un véhicule essence, même si les réparations sont un peu plus chères, car électroniques.

L’effet mécanique d’un changement de motorisation sur l’après-vente des réseaux de marque invite les distributeurs à réfléchir à de nouvelles sources de rentabilité » explique Jocelyn Gombault, responsable projets à l’Observatoire, auteur de l’étude.

Accès à l'étude : lien.

  Source : ANFA




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