8 juin 2012

Renault croit à l’hybride avec moteur essence ou diesel

Jacques Prost, Directeur de l’Ingénierie Mécanique de Renault, était l’un des intervenants à l’ouverture de la Conférence internationale Diesel Powertrain organisée les 5 et 6 juin dernier à Rouen par la SIA.

Sans surprise, il a confirmé que le moteur diesel restera un acteur majeur pour la propulsion de la voiture de demain en raison de ses faibles émissions de CO2 et de sa très bonne viabilité économique pour une production en grand volume. Le rendement du diesel a encore progressé, par exemple un Scénic 1.6 dCi 130 a abaissé de 31 grammes par km ses rejets de CO2 par rapport au Scénic 1.9 dCi 130. Les principaux gains sont apportés par le downsizing (8 g), le stop-start (7,5 g), l’EGR basse pression et la combustion (5 g) ou l’allongement des rapports de transmission (4,5 g).

Le point critique reste la pollution mais les normes Euro 5 et future Euro 6 limitent drastiquement les émissions de particules et de NOx. Renault est prêt pour l’application de l’Euro 6 (version b) qui entrera en vigueur en septembre 2014 mais un éventuel Euro 6c encore en discussions pour septembre 2017 marquera une nouvelle évolution que les motoristes doivent dès maintenant prendre en compte. Il est ainsi possible que cette norme n’utilise plus le cycle de mesure actuel NEDC mais le WLTP (Worldwide harmonized Light duty Tests Procedures). Ce cycle devrait être plus proche d’une utilisation actuelle de la voiture dans une majorité de pays, notamment avec de plus grandes variations de vitesse. En conséquence, la mesure risque d’être plus énergivore et plus contraignante sur la consommation, le CO2 et les gaz polluants.

Enfin, Renault estime que les développements du moteur thermique vont encore réduire de 5 à 10% les émissions de CO2 d’ici à 2017. Les axes de développement portent sur la suralimentation, la combustion, les réductions de friction ou la gestion thermique. Une hybridation légère de 10 kW/60 volts apportera jusqu’à 10% de gain. Il a aussi été annoncé que la combinaison des moteurs essence et diesel avec une propulsion électrique est absolument nécessaire. Cependant, si la version mild-hybride est réaliste, le modèle full hybride est trop onéreux pour les marchés de Renault.

  Yvonnick Gazeau

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