5 octobre 2018
De prochaines ruptures de chaîne ? / Le Groupement Plasturgie Automobile lance l’alerte
Le GPA (Groupement Plasturgie Automobile) tire la sonnette d’alarme : les pénuries de matière PA 6.6 mettent en grande difficulté les équipementiers plasturgistes automobiles. Par ailleurs les prix de cette matière ont augmenté de plus de 40% depuis 2017.

Le problème est structurel : seuls 5 sites dans le monde produisent l’un des composants nécessaires à la fabrication du PA 6.6, l’adiponitrile (une usine en France, une au Japon et trois aux États-Unis). De nombreux chimistes, sous le coup de Forces Majeures, ont interrompu leur production de PA 6.6 et mettent leurs clients sous allocation.


« Cette matière est homologuée par les constructeurs automobiles pour ses caractéristiques techniques et les processus de validation de nouvelles matières sont tels qu’il est très difficile de trouver des solutions alternatives à court terme » explique Luc MESSIEN, Président du GPA.

LE PA 6.6 : UNE MATIÈRE AU COEUR DES PIÈCES AUTOMOBILES

Cette matière trouve des applications de plus en plus nombreuses, notamment dans le secteur de l’électronique, dans un contexte où elle se raréfie.

Le PA 6.6 a une forte résistance aux hautes températures, c’est pourquoi il est utilisé dans les pièces sous-capot moteur (systèmes d’alimentation d’air, systèmes de filtration et de refroidissement), ou encore dans des pièces d’intérieur comme les pédaliers, les poignées de portes.

LE GPA DEMANDE AUX PRODUCTEURS DE SÉCURISER L’APPROVISIONNEMENT DES MATIÈRES

Les équipementiers plasturgistes demandent aux producteurs de matières d’ouvrir à court terme de nouvelles lignes de production et de sécuriser leur chaîne d’approvisionnement.

« Les ruptures d’approvisionnement en PA 6.6 tiennent notamment à la fragilité structurelle du système d’approvisionnement. Actuellement, seules 55% des capacités européennes de production de PA 6.6 sont disponibles. Or, la demande actuelle exigerait des augmentations de capacités de production. Ne faudrait-il pas accélérer les investissements en Europe et rénover les lignes existantes ? », développe Armelle DUMONT, Déléguée Générale du GPA.

LE GPA ALERTE LES CONSTRUCTEURS AUTOMOBILES SUR UNE SITUATION DE CRISE ET SOLLICITE LEUR AIDE POUR METTRE EN PLACE DES SOLUTIONS ALTERNATIVES

La mise en place d’alternatives est complexe, car les matières de substitution doivent répondre aux mêmes spécifications fonctionnelles. Quand cette condition est remplie, ces matières sont souvent plus rares et encore plus chères. De plus les processus de validation de nouvelles matières sont très longs.

« Nous sollicitons l’aide des constructeurs automobiles, notamment pour raccourcir leurs processus de validation. Avec ces pénuries de matières, certains adhérents du GPA ne seront plus livrés dès le début 2019 et risquent de mettre en difficulté l’ensemble de la chaîne de fabrication. Nous le regrettons mais n’avons pour le moment pas de solution ! » ajoute Armelle DUMONT du GPA.

Ces 18 derniers mois, les équipementiers plasturgistes (Rangs 1 et 2) qui utilisent du PA 6.6 ont vu cette matière augmenter de 1 500 €/t ! Ils subissent un effet « ciseaux » intenable entre l’augmentation du prix du PA 6.6, les contingentements et le refus de leurs clients de prendre, à leurs charges, une partie des hausses de prix.


  Source : GPA
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