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8/1/2020

La Formula Student, une autoformation de référence pour les élèves ingénieurs



Chaque année en parallèle de leur programme de formation, plusieurs équipes d’écoles françaises relèvent le défi de concevoir une monoplace selon des règles strictes dignes d’un projet industriel afin de participer au challenge européen de Formula Student. Un engagement qui exige de la part des élèves auto-formation, passion, persévérance et esprit d’équipe.

La Formula Student est une compétition internationale d’élèves ingénieurs créée aux Etats-Unis par la SAE en 1978, aujourd’hui répliquée en Europe et en Asie. Les futurs ingénieurs ont la mission de développer une petite monoplace de course selon un cahier des charges reprenant les contraintes de l’industrie automobile (performances, coût, structure de l’équipe projet, etc.). Des évaluations lors de rassemblements européens durant les grandes vacances d’été finalisent leur projet.

Les défis concernent bien sûr la technique – moteur, châssis, aérodynamique, électronique doivent être adaptés et/ou entièrement conçus – mais également la formation car, pour mener à bien le projet, il est absolument nécessaire de sortir du cadre proposé par le programme scolaire. Ces élèves acquièrent ainsi rapidement une grande maturité technique et organisationnelle, ainsi qu’une bonne capacité à mettre en œuvre les moyens pour réussir.

Fibre de carbone, conception topologique,…

Deux écoles ont présenté leur projet 2020 sur le circuit de Magny-Cours le 1er décembre dernier. Pour l’ISAT Formula Team de Nevers, c’est l’année du grand saut technologique : le châssis tubulaire en acier sera remplacé par une coque en plastique renforcé de fibres de carbone (PRFC), une solution que seuls quelques grands teams allemands ont su implémenter.

Bastien Lafargue, chef du projet, explique : « Nous avons déjà conçu la monocoque en CAO. Les moules et la coque seront fabriqués par nous-même dans les locaux du constructeur de voitures de compétition Mygale ». Cette coque devra en outre être identique pour la monoplace à propulsion thermique et celle à propulsion électrique.

La monocoque PRFC ne sera pas le seul objectif de l’ISAT Formula Team soutenu notamment par ERPRO Group et Faurecia. Le bicylindre Yamaha recevra un nouveau calculateur Bosch MS6, le passage des rapports a déjà été optimisé, les nouveaux ventilateurs sont plus légers de 2 kg et un nouvel arbre à cames d’admission devrait améliorer la puissance à mi-régime. La monoplace à propulsion électrique recevra quant à elle un nouveau pack batteries et de meilleures isolations électriques. Autre manifestation du dynamisme de l’équipe, un élève propose déjà des porte-moyeux réalisés en conception topologique avec un logiciel fourni par Altair, leur masse devant passer de 400 g à 360 g tout en ayant une rigidité accrue. Leur partenaire ERPRO Group s’est proposé à les produire en fabrication additive. Bastien Lafargue conclut : « Nous avons une Dream team. »


L’écurie EPSA de l’Ecole Centrale de Lyon proposera cette année un pack aérodynamique en PRFC. Thibaud Lassus, directeur du projet, précise : « Ce pack devrait générer un appui de 300 N à 50 km/h et également rapporter quelques points lors de notre présentation devant le jury. » L’équipe châssis peut bénéficier de l’expérience de la conception de quelques pièces PRFC sur le modèle 2019, telles que les triangles de suspension.

Par ailleurs, Centrale de Lyon s’est associée avec 5 écoles de sa région pour la fabrication de pièces, ainsi les élèves du lycée Hector-Guimard sont déjà enthousiasmés à l’idée de réaliser les pièces de fonderie pour la monoplace.

Pourquoi la France est-elle à la traîne ?

A la fin de l’année scolaire, les écuries pourront participer à différentes compétitions organisées en Grande-Bretagne, Italie, République tchèque et, pour les meilleurs, en Allemagne.

Il est d’ailleurs bien dommage qu’une épreuve de Formula Student ne soit pas organisée en France. Il est également regrettable que les écuries françaises ne soient pas soutenues par les constructeurs et équipementiers français. La Formula Student attire les élèves passionnés assoiffés de connaissance, et ces compétitions, notamment celle en Allemagne, présentent de belles opportunités pour les industriels de ces pays de repérer les meilleurs futurs ingénieurs et de les attirer dans leurs bureaux d’études.

Bravo aux écoles qui se sont lancées dans ce challenge international, bravo aux professeurs et élèves, bravo aux industriels qui y croient et s’investissent.

Présentation des équipes engagées en Formula Student 2020 et de leur monoplace :


  Yvonnick Gazeau