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01/07/2025

Comment la simulation renforce la sécurité des pilotes automobiles ?

Christian Frech, Senior Product Marketing Manager, LS DYNA chez Ansys


Du Grand Prix de France aux 24 Heures du Mans, le sport automobile est une discipline aussi passionnante que périlleuse. À plus de 300 km/h, les pilotes doivent composer avec des virages serrés, des dépassements risqués et des conditions de course extrêmes. Dans un tel environnement, la moindre erreur peut avoir des conséquences dramatiques.

Pourtant, malgré des progrès constants en matière de sécurité, certaines blessures restent difficiles à anticiper et à prévenir. Alors que les tests physiques traditionnels montrent leurs limites en matière de prévention, la simulation numérique s’impose comme un levier stratégique pour mieux appréhender les risques et optimiser la sécurité des pilotes. Comment les équipes de sport automobile l’utilisent-elles pour aller encore plus loin ?


Les limites des tests physiques

Une étude pour la NASCAR, portant sur 8 saisons de courses et 2065 enregistrements de crash, montre que les pilotes professionnels connaissent en moyenne 83 fois plus d'accidents par kilomètre que les conducteurs de véhicules ordinaires, mais subissent 9,3 fois moins de blessures par accident. Ces chiffres illustrent l’efficacité des mesures de sécurité mises en place par les équipes de sport automobile dédiées lorsqu’il s’agit de protéger leurs pilotes.

Les blessures les plus courantes en course incluent les tensions musculaires, les commotions cérébrales et les fractures vertébrales, en particulier dans la région lombaire. L’un des défis majeurs pour les équipes est la prévention des fractures par compression entre la partie médiane et inférieure de la colonne vertébrale. Celles-ci peuvent être causées par une pression excessive due au positionnement des pilotes dans la voiture, ainsi qu’au phénomène de rebond (marsouinage) et au type de revêtement de la piste. Ces blessures du bas du dos nécessitent souvent plusieurs semaines de récupération et présentent un risque élevé de douleurs chroniques à long terme.

L’importance des tests de sécurité est donc capitale, mais ces derniers impliquent de nombreuses contraintes. Les équipes utilisent des mannequins de test anthropomorphiques (ATD), ou « crash test dummies », pour évaluer les risques et mieux comprendre les blessures potentielles. Cependant, bien que ces essais soient une référence en matière de sécurité, les ATD ne peuvent pas reproduire avec précision la complexité du corps humain et ses réactions biologiques. Cette limitation restreint la compréhension des véritables impacts d’un accident. C’est là que la simulation entre en jeu.


L’apport essentiel de la simulation

Grâce à la simulation, les ingénieurs peuvent affiner leur compréhension des accidents et améliorer la sécurité des véhicules de course en continu. Ils utilisent des mannequins virtuels, bien plus détaillés que leurs homologues physiques, afin d’analyser minutieusement l’impact des chocs, notamment sur la colonne vertébrale lors d’un crash frontal. Par exemple, la NASCAR s’appuie sur la modélisation numérique pour recréer le positionnement d’un pilote lors d’un accident, et étudier les forces transversales exercées sur chaque vertèbre. Ces données sont ensuite exploitées dans le but d’optimiser les dispositifs de protection et réduire les risques de blessures lombaires.

Les simulations ne remplacent pas les tests physiques, mais servent à les valider et les enrichir. Les ingénieurs commencent par tester des systèmes de retenue (ceintures, sièges, casques, dispositifs de protection du coup et de la tête ou “HANS”) dans des conditions extrêmes à l’aide d’un ATD, fournissant une première base de compréhension. Puis, cette même configuration est reproduite numériquement dans un environnement simulé afin d’analyser en détail les données issues des capteurs du mannequin virtuel et d’autres composants physiques du véhicule. 

L’un des grands avantages de la simulation est la possibilité d’extraire le mannequin virtuel de la scène après les tests virtuels, permettant ainsi aux ingénieurs d’examiner sous tous les angles les effets d’un crash et de mieux comprendre comment certains facteurs peuvent aggraver les blessures. Cette approche offre une vision globale des conséquences d’un accident, révélant des détails imperceptibles lors d’un test physique traditionnel.

Les informations détaillées fournies par la simulation permettent également d’optimiser les systèmes de sécurité et d’améliorer la protection des pilotes. Même des ajustements minimes peuvent avoir un impact significatif. Par exemple, une simulation peut révéler qu’une mousse de siège est trop rigide ou qu’un mauvais angle de ceinture de sécurité peut augmenter les risques de blessures. En testant différentes configurations et en itérant les simulations, les ingénieurs peuvent valider les effets des modifications apportées et garantir que le système de retenue est parfaitement calibré et offre la meilleure protection possible.


Le défi de la protection crânienne

Chaque élément du dispositif de sécurité est essentiel, mais protéger la tête du pilote reste une priorité absolue. Malgré les avancées technologiques, une étude parue dans le Journal de la traumatologie du sport recense 30 à 50 % des pilotes déclarant avoir subi une commotion cérébrale. Contrairement aux fractures, qui finissent par guérir, les traumatismes crâniens répétés peuvent entraîner des lésions irréversibles. Grâce à la modélisation du cerveau et de ses mouvements lors d’un impact, les ingénieurs peuvent mieux comprendre les risques et optimiser la conception des équipements pour réduire ces blessures invisibles mais potentiellement dévastatrices.

Lors d'une course, les pilotes sont solidement arrimés à leur voiture grâce à leur casque, l’arceau de protection (Halo) et la cage de sécurité. Si ces protections absorbent les chocs en cas d’accident, elles peuvent aussi gêner la conduite. Sur des routes accidentées ou à haute vitesse, les secousses peuvent rendre le dispositif inconfortable et nuire à la concentration du pilote. Une étude montre que certains dispositifs tels que les Halos peuvent contraindre les pilotes à modifier leur posture et leurs mouvements lors de dépassements, augmentant ainsi la compression de la colonne cervicale et altérant l'utilisation des repères visuels. Il est donc essentiel de trouver un équilibre entre une sécurité maximale et une ergonomie adaptée aux contraintes de la course.

Pour mieux comprendre ces problématiques, la simulation joue un rôle clé. Les ingénieurs peuvent tester virtuellement la réaction d’un ATD face à des chocs légers répétés, et expérimenter avec différents matériaux pour réduire l’inconfort sans compromettre la sécurité. Si le développement des casques est un processus long et complexe, la simulation accélère considérablement ce travail, aidant les ingénieurs à relever des défis de conception tout en garantissant la sécurité des pilotes.

Que ce soit pour améliorer l’efficacité des systèmes de retenue ou pour adapter les protections aux besoins des pilotes, la simulation s’impose aujourd’hui comme un outil incontournable. Grâce aux données qu’elle génère, elle permet aux équipes et aux constructeurs d’élever les standards de sécurité et d’anticiper les risques bien avant qu’ils ne surviennent sur la piste.


    Source : Ansys


Auto-innovations.com n'est pas responsable du contenu de ce communiqué